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Une manifestation fait près de 300 blessés dans la capitale du Pakistan

30/08/2014 06:43 EDT | Actualisé 30/10/2014 05:12 EDT

ISLAMABAD - Des centaines de personnes ont été blessées lorsque des policiers pakistanais ont confronté de nombreux manifestants demandant la démission du premier ministre Nawaz Sharif à l'aide de grenades lacrymogènes, de matraques et de projectiles de caoutchouc à l'extérieur de la résidence du premier ministre et l'édifice parlementaire voisin, à Islamabad.

À l'aube dimanche, des manifestants ont commencé à se regrouper et ont à maintes reprises tenté de se faufiler à travers d'imposants déploiements de policiers et des barricades afin d'atteindre la résidence du premier ministre. Les policiers ont solidifié leur position et ont réagi en lançant des grenades lacrymogènes.

De nombreux protestataires, surtout des femmes transportant des marteaux et des tiges de fer, ont fait tomber une barrière à l'extérieur de l'édifice parlementaire, permettant à des centaines de personnes d'accéder aux pelouses et à l'aire de stationnement, selon un photographe de l'Associated Press se trouvant sur place, et selon des reportages de la télévision pakistanaise.

Le chef de police d'Islamabad, Khalik Khattak, a affirmé que des manifestants étaient armés d'imposants marteaux, de cisailles, de haches et avaient même une grue. Selon le ministre de la Défense, Khwaja Mohammad Asif, la police est plus tard parvenue à repousser les manifestants des pelouses et de l'aire de stationnement.

Plus de 300 personnes — incluant des femmes, des enfants et des agents de police, ont été admis dans deux hôpitaux gouvernementaux dans la capitale pakistanaise, selon des informations de sources médicale et policière.

Les leaders du rassemblement, Imran Khan, un légendaire joueur de cricket maintenant politicien, et Tahirul Qadri, un religieux antigouvernemental, voulaient que la manifestation se dirige vers la demeure du premier ministre à partir d'imposants rassemblements provenant du parlement, où se tenaient des protestations assises depuis plusieurs jours. Quelque 20 000 policiers vêtus de tenue anti-émeute ont été déployés pour bloquer la marche.

Lors de discours, MM. Khan et Qadri ont promis de demeurer pacifiques et demandé aux forces de sécurité de s'abstenir de faire usage de la force contre les manifestants. Selon des reportages de nouvelles télévisées, des manifestations exigeant la démission de M. Sharif ont aussi eu lieu à Lahore, Karachi et dans d'autres villes pakistanaises.

M. Khan a affirmé que les gestes de la police contre la foule étaient illégaux et a promis de paralyser le pays entier.

Asif Kirmani, le porte-parole du premier ministre, a déclaré que le gouvernement devait faire usage de force après que des manifestations eurent tenté d'attaquer le centre du pouvoir de l'État. M. Kirmani a plus tard précisé que M. Sharif ne se trouvait pas dans sa résidence pendant les manifestations, mais plutôt à sa demeure ancestrale dans la ville de Lahore, dans l'est du pays.

«Un État ne peut pas demeurer à la merci d'un millier de personnes», a fait remarquer M. Kirmani lors d'une entrevue télévisée.

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