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Moyen-Orient: Le Canada sur la piste des djihadistes

30/08/2014 09:16 EDT | Actualisé 30/08/2014 09:16 EDT
CP

Environ 80 jeunes Canadiens seraient rentrés au pays après avoir été combattre au Moyen-Orient aux côtés d'organisation islamistes dans les dernières années, selon le rapport annuel du ministère de la Sécurité publique sur la menace terroriste au Canada.

Au début de l'année 2014, plus de 130 Canadiens qui se trouvaient hors du pays étaient soupçonnés de prendre part à des activités terroristes, dont une trentaine en Syrie.

Le phénomène inquiète Ottawa, qui souhaite s'attaque aux racines de la radicalisation dans un pays où les libertés individuelles sont pourtant au coeur de la vie citoyenne. Pour se faire, le gouvernement canadien compte miser sur les lois antiterrorisme, mais aussi sur la prévention.

Le ministre de la Sécurité publique, Steven Blaney, a indiqué que le gouvernement fédéral s'attaquait au problème.

« Il poursuit un important dialogue que nous avons amorcé avec les Canadiens et permet de garder les communautés informées à l'égard de cette menace très réelle. »

— Steven Blaney

Il faut agir, disent des musulmans

Ce rapport survient au moment où le réseau anglais de Radio-Canada révèle que deux jeunes hommes de Calgary, en Alberta, ont joints les rangs des combattants djihadistes, en Irak ou en Syrie. Les frères Gregory et Collin Gordon, récemment convertis à l'islam, auraient disparu à la fin de l'année 2012. Leurs parents disent ignorer où leurs fils se trouvent.

Entre 2011 et 2012, les frères Gordon habitaient dans le même immeuble que Damian Clairmont et Salman Ashrafi, respectivement morts en Irak et en Syrie alors qu'ils combattaient auprès de l'État islamique.

La communauté musulmane elle-même s'inquiète de ce phénomène et réclame des actions de la part du gouvernement fédéral.

Selon l'imam Syed Soharwardy, qui représente les groupes Musulmans contre le terrorisme et Conseil suprême islamique du Canada, Ottawa a jusqu'à présent échoué à prévenir la radicalisation des jeunes musulmans.

« Les communautés, les organisations à but non lucratif, les musulmans font ce qu'ils peuvent avec leurs propres moyens, mais assurément, il revient au gouvernement de soutenir ces activités », estime M. Soharwardy, qui ajoute que le gouvernement a les ressources nécessaires pour ralentir la radicalisation.

M. Soharwardy ne cache pas que les jeunes radicaux présentent une menace réelle pour la sécurité canadienne.

« C'est mon cauchemar, que ceux qui reviendront causent véritablement des problèmes, des problèmes graves pour la communauté musulmane au Canada, de même que pour tous les Canadiens. »

— Imam Syed Soharwardy

Le gouvernement, ajoute-t-il, doit s'assurer de suivre de près les islamistes qui rentrent au pays après avoir fréquenté des groupes radicaux à l'étranger.

Se rapprocher de la communauté

La Gendarmerie royale du Canada tente déjà de tisser des liens plus étroits avec des représentants des communautés musulmanes partout au pays afin de prévenir la radicalisation.

Les services de police locales doivent entreprennent les mêmes démarches pour débusquer plus de cas de jeunes tentés de joindre des groupes prônant une interprétation radicale de l'islam, selon le spécialiste en affaires policières, Stéphane Berthomet.

« Plus on peut faire de liens entre les communautés qui sont visées par les radicaux qui recrutent des jeunes djihadistes et les policiers qui peuvent leur expliquer les dangers (...), et bien plus on minimise les risques. »

Destructions de mosquées et de sanctuaires religieux en Irak (juillet 2014)