POLITIQUE

Les premiers ministres vont de l'avant avec une stratégie énergétique nationale

29/08/2014 01:34 EDT | Actualisé 29/10/2014 05:12 EDT
PC

CHARLOTTETOWN - Philippe Couillard s'est fait remarquer à sa première conférence annuelle des premiers ministres, acceptant vendredi que le Québec participe au développement d'une stratégie énergétique nationale, à laquelle s'était opposé le gouvernement précédent.

M. Couillard, qui faisait partie des 13 chefs provinciaux et territoriaux présents à Charlottetown, a déclaré à la fin de la conférence qu'il avait d'abord eu des hésitations concernant la stratégie, poussée par l'Alberta depuis des années. Il a cependant ajouté que ses craintes concernant la juridiction et les liens entre l'énergie et les changements climatiques ont rapidement été apaisées par ses collègues.

«Nous avons eu une excellente collaboration de la part de tous nos collègues», a déclaré M. Couillard en conférence de presse, avant de recevoir les éloges de ses homologues.

«L'implication de toutes les provinces solidifie chacune des provinces individuellement et le pays», a estimé la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne.

«Ma mission à moi, c'est de faire progresser le Québec dans le Canada, mais en tissant des alliances avec nos partenaires et non pas en les tenant à distance», a pour sa part déclaré Philippe Couillard.

M. Couillard a insisté sur le fait que la stratégie devait tenir compte de l'impact des changements climatiques.

«Pour les Canadiens, en plus d'avoir de meilleures garanties d'un environnement durable, nous voulons également que les Canadiens aient accès à différentes formes d'énergie, a-t-il lancé. Nous avons fait le lien nécessaire entre l'environnement et une stratégie énergétique.»

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Robert Ghiz, hôte de la conférence, a précisé qu'une version finale de la stratégie serait terminée avant la prochaine conférence des premiers ministres, qui se tiendra à Terre-Neuve-et-Labrador à l'été 2015.

La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, avait initialement refusé de participer à la stratégie avant de changer son fusil d'épaule, en novembre dernier, après avoir accepté qu'aucune part des revenus de l'Alberta tirés des oléoducs ne serait versée dans les coffres de sa province.

Mme Clark n'a pas tari d'éloges envers son collègue québécois, estimant que la décision du Québec de se rallier aux autres provinces représente «un tournant».

«Les Québécois méritent d'avoir une voix à la table nationale pour former les politiques de ce pays, a-t-elle dit. De la même façon, tous les Canadiens en bénéficient lorsque la voix du Québec se fait entendre clairement comme c'est le cas maintenant.»

Le premier ministre du Manitoba, Greg Selinger, croit que la participation du Québec fait «une énorme différence» parce que, comme sa province, le Québec compte sur une grande industrie hydroélectrique.

«Les exportations énergétiques du Québec et du Manitoba déplacent des millions de tonnes d'émissions de carbone venant d'autres sources d'énergie dans d'autres juridictions», a rappelé M. Selinger.

Le premier ministre de l'Alberta, Dave Hancock, a aussi dit que les avantages de la stratégie se feraient sentir à l'extérieur des frontières du pays.

M. Ghiz a également souligné que le Québec s'était aussi joint à un comité sur l'innovation dans les soins de santé, modifiant son statut pour le faire passer d'observateur à membre permanent.

Par ailleurs, Christy Clark a annoncé plus tôt dans la journée que la Saskatchewan avait accepté de permettre la vente de vins et de spiritueux artisanaux de la Colombie-Britannique dans la province.

Mme Clark s'attend à ce que l'Ontario ouvre aussi ses frontières au vin britanno-colombien.

La Colombie-Britannique a déjà conclu de telles ententes avec le Manitoba et la Nouvelle-Écosse.

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