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Vladimir Poutine demande aux rebelles de libérer les soldats ukrainiens

29/08/2014 07:23 EDT | Actualisé 29/10/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Russian President Vladimir Putin listens to Finnish President Sauli Niinisto prior to their talks at a residence at the Black Sea resort of Sochi, southern Russia, Friday, Aug. 15, 2014. Putin met with his Finnish counterpart to discuss interaction between the two countries, as well as international problems, first of all, the situation in Ukraine, the Kremlin press service reported. (AP Photo/RIA-Novosti, Mikhail Klimentyev, Presidential Press Service)

NOVOAZOVSK, Ukraine - Plusieurs ministres européens des Affaires étrangères ont accusé vendredi la Russie d'avoir envahi l'est de l'Ukraine et estimé que Moscou devrait faire l'objet de nouvelles sanctions.

Les 28 chefs de la diplomatie des pays du bloc se rencontraient à Milan, au lendemain de l'entrée en Ukraine de soldats et de colonnes de char russes.

Le ministre suédois Carl Bildt a prévenu qu'il ne faut pas avoir peur de regarder la réalité en face et d'appeler un chat un chat, puisque l'Europe est maintenant confrontée à une deuxième invasion de l'Ukraine par la Russie en moins d'un an.

L'Union européenne pourrait annoncer de nouvelles sanctions contre Moscou dès samedi, à Bruxelles. Toutes les options, à l'exception de frappes militaires, seront alors examinées.

Le président ukrainien Petro Porochenko devrait rencontrer le chef de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, et le président du sommet, Herman Van Rompuy, quelques heures avant son ouverture.

À Bucarest vendredi, le président roumain Traian Basescu a dit qu'en plus de nouvelles sanctions, les membres de l'OTAN devraient armer les forces ukrainiennes. Il estime que les chances de victoire du gouvernement ukrainien face à la Russie sont essentiellement nulles, sans une aide de l'OTAN. La Roumanie est une membre de l'OTAN et une alliée solide des États-Unis.

Des insurgés prorusses détendus et bien équipés semblaient fermement en contrôle, vendredi, de la ville côtière stratégique de Novoazovsk. Des journalistes de l'Associated Press ont vu dans la ville de 12 000 habitants au moins une demie douzaine de chars portant le drapeau de Novorossiya, l'État autoproclamé par les rebelles dans l'est de l'Ukraine.

Ces chars n'étaient pas identifiés à la Russie, mais des rations militaires vues à proximité semblaient provenir de l'armée russe.

«Il n'y a pas d'équipement russe ici. Nous combattons avec l'équipement que (les forces ukrainiennes) abandonnent. Elles se sauvent en courant», a prétendu un commandant rebelle qui s'est identifié sous le nom de guerre Frantsuz (Le Français).

Les rebelles affirment fréquemment n'utiliser que du matériel ukrainien saisi. Le leader rebelle Alexandre Zakharchenko a toutefois déjà admis que la Russie leur fournit de l'équipement et des hommes. L'Occident réfute aussi les allégations de Moscou, qui nie toute implication active.

«En dépit des dénégations creuses de la Russie, il est maintenant clair que des soldats et de l'équipement russes ont traversé illégalement la frontière, a déclaré vendredi le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen. Il s'agit d'une atteinte flagrante à la souveraineté et à l'intégrité territoriales de l'Ukraine. Cela fait fi de tous les efforts diplomatiques pour en arriver à une résolution pacifique.»

Un porte-parole des rebelles de Novoazovsk a dit qu'ils ont l'intention d'éventuellement tenter de rejoindre le port de Marioupol, à 35 kilomètres vers l'ouest.

Le président de la Russie, Vladimir Poutine, a demandé vendredi aux séparatistes prorusses de libérer les soldats ukrainiens qu'ils encerclent dans l'est du pays.

M. Poutine a lancé cet appel quelques heures après que l'Ukraine eut accusé la Russie d'être entrée sur son territoire avec des chars, des batteries d'artillerie et des soldats. L'Occident, de son côté, reproche à Moscou d'avoir menti concernant son rôle dans le conflit.

L'OTAN affirme qu'au moins un millier de soldats russes se trouvent en Ukraine. L'Alliance a aussi publié des images satellitaires qui, selon elle, montrent des batteries d'artillerie automotrices russes déployées en sol ukrainien.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergeï Lavrov, a tourné en ridicule ces allégations lors d'une conférence de presse vendredi, affirmant que Moscou n'a reçu aucune preuve que cela se soit produit.

Le président Poutine a demandé aux insurgés d'ouvrir un couloir humanitaire pour permettre aux soldats ukrainiens encerclés de filer, de manière à éviter des morts inutiles. Il n'a fait aucune mention d'une possible présence militaire russe en Ukraine. Il a plutôt félicité les insurgés pour avoir, selon lui, mis en échec une opération militaire gouvernementale qui mettait en péril les populations civiles.

M. Poutine faisait possiblement référence aux soldats ukrainiens qui sont coincés à l'extérieur de la ville d'Ilovaysk depuis près d'une semaine. Des proches de ces militaires ont manifesté vendredi pour réclamer l'envoi de renforts et d'armes lourdes.

Le leader des insurgés dans la ville de Donetsk, Alexandre Zakharchenko, a déclaré à la télévision russe qu'il est prêt à ouvrir un couloir humanitaire, à condition que les soldats déposent tout d'abord leurs armes. Cette condition a rapidement été rejetée par Kiev,

Les Nations unies ont indiqué vendredi que le bilan des combats dans l'est de l'Ukraine atteint maintenant au moins 2220 morts, en plus d'accuser les deux camps de cibler volontairement des civils. Les rebelles se seraient notamment rendus coupables de multiples violations du droit international, entre autres en commettant des meurtres, des enlèvements et des actes de torture. L'armée ukrainienne serait quant à elle responsable de détentions arbitraires, d'enlèvements et d'actes de torture.