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JEM-2014 - Concours complet: le cross retrouve sa fonction au Haras du Pin

29/08/2014 07:03 EDT | Actualisé 29/10/2014 05:12 EDT

Sur un parcours vallonné, rendu encore plus exigeant par les récentes pluies, le cross du concours complet des Jeux équestres mondiaux devrait renouer samedi, au Haras du Pin (Orne), avec sa fonction historique de juge de paix.

"Ce qui est sûr, c'est que cela ne va pas être un concours de dressage", se félicite le sélectionneur de l'équipe de France Thierry Touzaint.

Depuis l'allègement de l'épreuve de fond, raccourcie et surtout délestée il y a une quinzaine d'années du steeple et des deux routiers pour conserver son label olympique, le dressage donne en effet désormais le ton du classement final.

"Il n'y aura pas beaucoup de maxis, voire aucun, et il va falloir gérer la fatigue des chevaux en fin de tour", explique M. Touzaint. Le maxi, c'est le sans faute dans le temps imparti, calculé sur un rythme autour de 570 mètres/minute. Dans le décor somptueux du +Versailles du cheval+, le tracé, dessiné par Pierre Michelet, déroule 6750 m.

Le vent et les averses avaient façonné le dernier concours de Badminton (Angleterre), en mai. Pourtant, malgré la cascade de dérobades, chutes et refus provoqués par ces conditions extrêmes, la prestigieuse épreuve n'avait donné lieu à aucun accident grave, la hantise des organisateurs.

"Il suffit de prendre conscience de certaines limites", souligne l'Australien Sam Griffiths, lauréat de Badminton-2014 avec la jument de 11 ans Paulank Brockagh, qu'il a ressortie aux JEM. Il lui sera néanmoins difficile de répéter son exploit après sa contre-performance jeudi en dressage qui le place au 18e rang provisoire avec 53,3 points de pénalité.

- Triathlon équestre -

En tête après la première journée, le Britannique William Fox-Pitt ne de départit pas de son flegme. "Les éléments naturels font partie de notre sport", dit-il sobrement.

Le +triathlon équestre+ (dressage, cross, obstacle), statistiques à l'appui, est de loin la discipline olympique la plus accidentogène.

"Qu'on parle du côté risques, je trouve ça légitime et c'est bien de le faire sentir au grand public", commente Thierry Touzaint avec un regret cependant: "on nous fait passer pour des gens qui n'aimons pas les chevaux quand il y a mort d'un cheval".

D'ailleurs, la sécurité tant pour les cavaliers que pour leur monture a été renforcée: les gilets de protection sont très performants tandis que les obstacles, moins massifs, sont cassables et tombent quand on les frappe trop fort.

Et la peur? "Il ne faut pas que ça soit tabou. Heureusement que j'en ai, sinon je serais inconscient. Elle me permet de me confronter aux risques. J'aimerais que mon sport soit considéré comme un sport extrême", explique Thomas Carlile, valeur montante de la discipline, mais à pied pour les Mondiaux après la blessure de sa monture.

"Les plus malheureux, quand l'accident arrive, ce sont les cavaliers, les propriétaires, l'encadrement. On est dans le sentiment", remarque Thierry Touzaint. D'autant que l'argent n'est pas l'essence qui fait avancer les cavaliers de complet.

"Jean Teulère, la soixantaine passée, a toujours la même flamme. Il ne s'est pas enrichi de ce sport. C'est un pur, un vrai passionné, rappelle Touzaint. En cross, il y a tout: de l'adrénaline, du suspense et du risque à prendre. Ce sont vraiment des fous, des passionnés".

asc/ig

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