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Japon: la Défense réclame un budget record sur fond de tensions en Asie

29/08/2014 05:50 EDT | Actualisé 29/10/2014 05:12 EDT

Le ministère japonais de la Défense a formulé vendredi une requête budgétaire record, dans un souci de contrer une Chine aux ambitions grandissantes.

Il souhaite se voir allouer un budget initial de 5.050 milliards de yens (36,8 milliards d'euros) pour le prochain exercice budgétaire (avril 2015-mars 2016), soit 3,5% de plus que pour celui de l'année en cours.

Si cette demande était validée, elle signerait la troisième hausse d'affilée du budget initial de la Défense, une des priorités du très nationaliste Premier ministre Shinzo Abe qui, depuis son arrivée au pouvoir fin 2012, a entrepris de renforcer la puissance militaire du pays sur fond de tensions en Asie.

Pékin et Tokyo se disputent la souveraineté de territoires inhabités en mer de Chine orientale, les îles Senkaku, contrôlées par le Japon, mais revendiquées par la Chine sous l'appellation Diaoyu.

Le ministère souhaite avec ce budget accru se procurer 20 avions de surveillance maritime, au prix catalogue de 378 milliards de yens (2,75 milliards d'euros).

Sur la liste, figurent aussi cinq avions à décollage vertical Osprey, trois drones et six chasseurs américains F-35, un appareil furtif dernier cri.

Les militaires nippons espèrent enfin lancer une brigade amphibie afin de protéger le chapelet d'île Nansei, dont font partie les îles Senkaku.

Reste à obtenir le feu vert du ministère des Finances, du conseil des ministres et du Parlement qui devraient a priori y être plutôt favorables, alors que des querelles existent aussi avec la Corée du Nord, celle du Sud et la Russie.

L'an dernier, M. Abe avait décidé d'augmenter de 5% ses dépenses militaires pour la période 2014-2019, soit une enveloppe de 24.700 milliards de yens (180 milliards d'euros).

Parallèlement, le ministère des Transports a sollicité cette semaine un doublement du budget affecté à ses gardes-côtes pour développer les patrouilles autour des îles Senkaku.

Face à la "menace chinoise", supposée ou réelle, le Premier ministre japonais a multiplié les voyages à l'étranger afin de renforcer le poids politique de la troisième puissance économique mondiale, en particulier en Asie du Sud-est. Il n'a eu de cesse également de consolider son alliance militaire avec les Etats-Unis.

De son côté, la Chine, qui reproche régulièrement au Japon de ne pas s'être assez excusé pour les exactions de la soldatesque nippone durant la guerre, a appelé vendredi l'archipel à "tirer des leçons de l'histoire et à adopter une attitude pacifiste, propice non seulement à l'intérêt du Japon mais aussi à la stabilité régionale".

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