DIVERTISSEMENT

FME 2014 - Jour 1: Rich Aucoin fracasse la glace

29/08/2014 11:36 EDT
Félix Laferté

La fébrilité et l’excitation ont envahi l’Abitibi-Témiscamingue hier pour le lancement de la 12ème édition du Festival de musique émergente! Dans les rues, ça s’appelait, ça riait, ça courait pour ne pas manquer une miette des spectacles qui allaient et venaient sans s’arrêter. Le point fort de la soirée? La prestation de Rich Aucoin, qui était tout simplement renversante.

David Giguère: prestation énergique et sans flafla

Premier arrêt: David Giguère à l’Agora des Arts. Sans fausse note, visiblement très en forme, l’auteur-compositeur-interprète a livré des pièces indie pop de Hisser Haut (2012) et Casablanca (2014) à un public très attentif. Encore une fois, on a pu admirer l’alliage très joli de la voix de Giguère à celle de Camille Poliquin, qui se fait beaucoup remarquer ces jours-ci. Il faudra surveiller de près son duo Milk and Bone avec Laurence Lafond-Beaulne – qui a annoncé un premier album cet automne – et son projet solo KROY, une petite bombe indie pop-électro.

Trève de digression: Giguère a offert une prestation solide, énergique, sympathique. Si ce n’était pas LE spectacle du FME, on a apprécié le côté très simple de ce tour de chant sans flafla. Parfait pour mettre la table pour Hunt qui allait suivre.

Jimmy Hunt: quand la sensualité s’empare du FME

Beaucoup le disent: Hunt a le don de créer une ambiance feutrée et intime à coups de notes bien placées et grâce à sa voix bien particulière. Après quelques chansons de l’album Maladie d’amour, qui ont contribué à calmer considérablement l’atmosphère, l’auteur-compositeur-interprète a soudainement voulu brasser un peu la cage : «Est-ce que ce sont les chaises ou la chaleur qui vous empêchent de danser? »

En éclatant de rire, plusieurs spectateurs ont semblé se poser la même question en se levant pour danser sur les dernières chansons de la prestation de l’artiste, balayant du même coup l’espèce d’engourdissement bienheureux qui s’était emparé de l’Agora des Arts. Un spectacle réussi, bien mené, qui a laissé place à des envolées musicales ultra-efficaces. Il fallait voir ces musiciens de talent tripper sur scène! Mention spéciale à François Lafontaine (Karkwa) au clavier, qui impressionne toujours par son jeu impeccable.

Rich Aucoin: prestation coup de poing

Dès la dernière note de Hunt, direction vers le spectacle de Rich Aucoin à la Scène extérieure Desjardins. C’est à une entrée en matière plutôt philosophique qu’on a eu droit: phrases de motivation et encouragements se sont succédés sur l’écran surplombant la scène. «Merci d’être là! C’est le temps de faire ce que vous aimez!!! La vie est courte!!! Merci FME!!! » Un peu intense peut-être, mais sympathique.

Rich Aucoin s’est finalement précipité sur la scène, gonflé à bloc. Quel entertainer mesdames et messieurs! Tout au long de sa prestation, où il a lancé avec énergie des chansons de We’re All Dying To Live (2011) et Ephemeral dont la sortie est prévue le 9 septembre, Aucoin n’a lésiné sur AUCUN moyen pour créer une ambiance folle. Projections de vidéos virales, micro illuminé, body surfing (avec une vraie planche de surf), petites visites dans la foule et sa signature, faire danser la foule sous un parachute durant la pièce Are You Experiencing?. Tout simplement étourdissant.

Si le public a tout d’abord eu l’air un peu sonné face à tant d’énergie, d’effort et de moyens pour attirer son attention, il a vite laissé de côté ses hésitations pour se dandiner joyeusement. Une prestation forte d'Aucoin qui mériterait peut-être un peu de peaufinage par rapport à l’aspect vocal et musical, mais qui a compensé par sa furieuse intensité.

Dear Criminals : concert surprise féérique

La rumeur est montée tranquillement, mais certainement. Une foule modeste, mais visiblement motivée, a commencé à s’éloigner du point central du site vers 23h. Coup d’œil sur Twitter: oui, Dear Criminals allait jouer dans deux petites minutes à l’Amphithéâtre de la Presqu’Île. Vite, vite, on a accéléré le pas pour ne pas manquer cette prestation qui s’annonçait épique.

Et vraiment, ça a été le cas. Devant un écran-forêt fait sur mesure pour l’occasion, où se multipliaient des images évoquant le passé de l’Abitibi, Frannie Holder, Charles Lavoie et Vincent Legault ont interprété les pièces électro-pop-folk sombres de leur trois EPs Weapons, Crave et Woman. Les reprises de Sweat (a la la la la long) et de Baby One More Time (oui oui, de Britney Spears) ont particulièrement enthousiasmé la foule. Le point d’eau derrière la formation, la fumée, les éclairages bien menés, le talent: tout a contribué à un des plus beaux moments du FME 2014. Oui, on s’avance déjà. C’est dire.

Mentionnons également les spectacles de Philippe B., Koriass, Dany Placard et de nombreux autres. Le bourdonnement mêlant fans de musique et gens de l’industrie musicale n’a discontinué que tard, très tard. L’effet FME agit encore, vite et bien: nuits courtes au profit de journées remplies à ras bord de musique. Un vrai plaisir qui continuera jusqu’au 31 août à Rouyn-Noranda.

FME 2014