POLITIQUE

Course à la chefferie du PQ: Qu'est-ce qu'une primaire ouverte?

29/08/2014 03:52 EDT | Actualisé 29/08/2014 03:55 EDT
Comstock Images via Getty Images

QUÉBEC - Le Parti québécois étudie l'idée de permettre à tous les souverainistes québécois de voter pour leur prochain chef. Mais l'idée de «primaires ouvertes» ne fait pas l'unanimité. Petit tour d'horizon.

L'idée de primaires ouvertes a été proposée par le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, qui pourrait lui-même se porter candidat.

Si la formule est retenue, les Québécois non membres du PQ pourront voter pour le prochain chef du parti après s'être prêtés à une déclaration de foi souverainiste.

«Cette idée-là permet d'aller voir d'autres gens que la base ou des gens déjà acquis au Parti québécois», estime Félix-Antoine Michaud. Le militant péquiste a créé le site Web PrimairesPQ.com pour faire la promotion du concept. Félix-Antoine Michaud a notamment été inspiré par son travail auprès d'une députée du Parti socialiste en France, où le chef François Hollande a été choisi au terme d'un processus similaire.

Puisque le grand public serait appelé à voter, Félix-Antoine Michaud croit que cette formule créerait un engouement dans les médias et dans la population. De plus, le prochain chef bénéficierait d'une plus grande légitimité aux yeux du public, ajoute-t-il.

Toutefois, le concept de primaires ouvertes est loin d'être adopté au PQ. Même au bureau d'Alexandre Cloutier, on estime que l'idée obtient l'appui d'environ la moitié des membres. Pour changer les règles de la course à la chefferie, l'idée doit recevoir l'aval des deux tiers des présidents de circonscription qui se réuniront le 4 octobre prochain. Un congrès spécial devra ensuite avoir lieu dans les 45 jours pour voter sur la proposition.

Quelques arguments militent également en défaveur de la primaire ouverte. Certains militants péquistes estiment que le choix du chef est le privilège des membres. La complexité et le coût d'un tel processus sont également évoqués.

Formules multiples

Toutefois, la formule varie selon les formations politiques et les pays. Aux États-Unis, le vote se fait par région, donnant lieu à de grands événements télévisés. En France, le Parti socialiste a aussi permis au public de voter en 2011, après avoir prêté le serment suivant: «Je me reconnais dans les valeurs de la Gauche et de la République, dans le projet d’une société de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire.» Le vote, qui se déroulait dans des bureaux de scrutin, a nécessité un second tour pour finalement élire François Hollande.

Pour sa part, le Parti libéral du Canada a permis aux sympathisants de voter par téléphone et via Internet en 2013 dans la course qui a couronné Justin Trudeau.

Pour le moment, aucune mécanique précise n'a été arrêtée par le PQ. «Un comité a été créé et va accoucher de deux ou trois scénarios possibles», explique l'attaché-presse du PQ, Dominic Vallières.

Si le PQ flirte aujourd'hui avec l'idée d'une primaire ouverte, c'est en partie en raison de la débâcle des dernières élections qui a vu le parti obtenir son pire score depuis 1970. Au fédéral, le PLC a aussi utilisé cette approche pour se donner un nouveau souffle, alors que le parti tirait de l'arrière depuis le scandale des commandites et la vague orange du NPD de l'élection de 2011. Au final, 100 000 sympathisants se sont inscrits pour voter, contre seulement 30 000 membres du PLC.

Mais la formule n'est pas un gage de succès. En France, les primaires ouvertes ont permis l'élection de François Hollande à la tête du Parti socialiste. Malgré cette participation populaire, le président français n'a jamais eu la cote auprès des électeurs depuis son accession au pouvoir. En juin dernier, seuls 16% des Français lui accordaient leur confiance.

Qui pourrait prétendre à la chefferie du PQ?