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Santé et infrastructures: les provinces réclament plus d'argent d'Ottawa

28/08/2014 10:38 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

CHARLOTTETOWN - Les premiers ministres provinciaux du Canada se sont entendus jeudi, lors de leur conférence annuelle à Charlottetown, sur le fait que chaque province a besoin de recevoir plus d'argent d'Ottawa pour financer les soins de santé et les infrastructures.

Néanmoins, ils ne sont pas parvenus à un consensus sur la somme requise pour faire face à la détérioration des routes et au vieillissement de la population.

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, hôte de la conférence du Conseil de la fédération, a indiqué que les chiffres seraient publiés en janvier, lors d'une autre rencontre des chefs de gouvernement provinciaux.

Robert Ghiz a également affirmé que les premiers ministres s'étaient entendus pour mettre sur pied un fonds visant à soutenir des innovations pour faire face au vieillissement de la population, mais ses objectifs restent imprécis.

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a souligné le lien entre le vieillissement de la population et le financement des soins de santé.

«Le vieillissement de la population, ou le changement démographique, a un impact bien sûr sur les soins de santé. C'est là qu'on va avoir une modulation, une augmentation du financement de la santé pour les sociétés qui, comme le Québec, sont plus touchées par le phénomène», a-t-il dit.

M. Ghiz a indiqué que les premiers ministres avaient passé une grande partie de la journée à discuter du déséquilibre fiscal entre le fédéral et les provinces, en citant un rapport du Conference Board du Canada qui confirme le point de vue des provinces.

«Le financement du gouvernement fédéral doit être plus fiable, adéquat et prévisible et permettre aux provinces et aux territoires de déterminer leurs propres priorités plutôt qu'une approche de financement par projet», affirment les chefs de gouvernement dans un communiqué publié en fin de journée.

Par ailleurs, les premiers ministres des trois provinces de l'Ouest ont annoncé jeudi qu'ils analyseraient les dernières barrières au commerce intérieur dans le cadre de leur Entente sur le commerce, l'investissement et la mobilité de la main-d'oeuvre.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a expliqué que l'entente conclue entre sa province, l'Alberta et la Colombie-Britannique avait permis de faciliter le transfert de biens et de services entre les provinces, ajoutant toutefois qu'on pourrait en faire encore plus.

M. Wall affirme avoir été étonné lorsqu'il a découvert qu'un fabricant de trousses de premiers soins aurait eu à répondre à 10 réglementations différentes pour faire des affaires partout au Canada.

«Cela me semble idiot, a-t-il indiqué. Pour améliorer les problèmes liés au commerce, il faut tenter d'éliminer l'idiotie dans l'économie.»

Son homologue de la Colombie-Britannique, Christy Clark, a déclaré que l'Entente sur le commerce devrait servir d'exemple pour les autres provinces qui souhaitent éliminer les barrières au commerce.

«Il s'agit du bloc de libre-échange le plus réussi au Canada, a-t-elle estimé. Le Canada n'a pas l'habitude de favoriser le libre-échange entre les provinces. (...) Nous essayons de donner l'exemple.»

Pas de discussions sur la Constitution

Plus tôt jeudi, Mme Clark avait déclaré qu'il y avait peu de chances que ses homologues et elle discutent de la place du Québec dans la Constitution à l'occasion de leur réunion à Charlottetown, affirmant que les priorités des premiers ministres provinciaux étaient la création d'emploi et la croissance économique.

Selon elle, il ne serait pas logique de parler de la Constitution au moment où le Canada fait face à un ralentissement de l'économie et à une augmentation de la concurrence étrangère.

Elle a par la suite tendu la main au premier ministre québécois, en faisant l'éloge de ses contributions au début de la conférence.

Par la suite, Philippe Couillard a affirmé avoir pris le temps de rappeler aux autres premiers ministres «les épisodes de 1982 et de Meech (qui demeurent) importants pour les Québécois».

«(Ils sont) non prioritaires, mais cependant importants, et je crois que dans ce contexte historique il fallait que je le fasse», a-t-il déclaré.

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