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Réunion de crise à Accra contre l'épidémie d'Ebola, qui "va empirer"

28/08/2014 05:13 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

L'épidémie d'Ebola qui frappe l'Afrique de l'Ouest va encore empirer, a estimé le chef des services de santé américains, avant la réunion de crise des ministres de la Santé de la région à Accra jeudi.

Lors de cette rencontre devrait être dévoilé le bilan actualisé de l'épidémie, qui a déjà tué plus de 1.400 personnes depuis le début de l'année dans les trois pays les plus touchés, le Liberia, la Guinée et la Sierra Leone, d'après le dernier décompte de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) datant d'une semaine.

Le Nigeria, qui ne déplorait que 5 morts et où l'épidémie semblait contenue, a annoncé un nouveau décès jeudi.

"Le nombre de cas augmente. J'aimerais ne pas avoir à dire cela, mais cela va empirer, avant de s'améliorer", a déclaré mercredi soir à Monrovia le directeur du Centre américain de contrôle et de prévention des maladies (CDC) Tom Frieden, à l'issue d'une mission de plusieurs jours au Liberia.

"Le monde n'a jamais vu une épidémie d'Ebola comme celle-ci. Par conséquent, non seulement les bilans sont élevés, mais nous savons qu'il y a beaucoup plus de cas que ceux diagnostiqués ou signalés", a-t-il averti.

Le CDC apporte une aide technique aux services de santé des pays africains confrontés à l'épidémie.

Les propos de M. Frieden font écho à ceux du coordinateur de l'ONU contre le virus Ebola, le Dr David Nabarro, et du directeur adjoint de l'OMS pour la sécurité sanitaire, le Dr Keiji Fukuda. Les deux hommes avaient indiqué qu'il faudrait au moins six mois pour stopper l'épidémie.

- Définir une stratégie commune -

Pour tenter d'enrayer la progression qualifiée par Médecins sans Frontières (MSF) d'"incontrôlable" de cette pandémie, les ministres de la Santé des pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se retrouvent une nouvelle fois dans la capitale ghanéenne pour discuter d'une stratégie commune.

Il doivent "évaluer la mise en oeuvre des mesures" déjà décidées auparavant, "identifier les difficultés à chaque niveau" et "déterminer les stratégies adaptées et les ressources nécessaires" pour lutter contre Ebola, selon un communiqué du ministère ghanéen de la Santé.

Le ministre de la Santé de la République démocratique du Congo, où le virus Ebola a réapparu depuis deux semaines et tué 13 personnes, a indiqué à l'AFP jeudi qu'il ne serait pas présent à Accra, n'ayant pas été invité.

Mercredi, la coordinatrice d'urgence de MSF en Sierra Leone, Anja Wolz, a jugé "dangereusement inadaptée" "la réponse internationale à Ebola" dans un témoignage émouvant publié aux Etats-Unis.

"L'épidémie d'Ebola est devenue incontrôlable depuis plusieurs mois, mais la communauté sanitaire internationale a mis trop de temps à réagir", écrit-elle dans le New England Journal of Medicine.

L'épidémie, qui s'est déclarée au début de l'année en Guinée, avant de se propager au Liberia et à la Sierra Leone, pays voisins, puis au Nigeria, est la plus grave depuis que cette fièvre hémorragique a été identifiée en 1976 en République démocratique du Congo.

Le Liberia déplore déjà 624 morts, la Guinée 406 et la Sierra Leone 392, selon l'OMS.

Ces trois pays se retrouvent de plus en plus isolés, les dernières compagnies aériennes encore présentes ayant suspendu leurs vols mercredi, en dépit de la demande du Dr Nabarro.

Air France a annoncé la "suspension provisoire", à compter de jeudi de ses vols vers Freetown, mais poursuivra ses liaisons avec la Guinée et le Nigeria.

A l'occasion d'une rencontre avec le Dr Nabarro, le président nigérian Goodluck Jonathan a d'ailleurs condamné mercredi la stigmatisation qui frappe son pays, dénonçant le fait que l'équipe nigériane a été contrainte de se retirer des jeux Olympiques des jeunes en Chine après une décision du Comité international olympique bannissant les équipes des pays touchés par Ebola pour les sports de combat et la natation.

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