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Philippines: l'insurrection musulmane condamne le "virus" de l'Etat islamique

28/08/2014 05:03 EDT | Actualisé 27/10/2014 05:12 EDT

Le plus grand groupe d'insurgés musulmans aux Philippines a condamné les jihadistes combattant en Irak et en Syrie, appelant à empêcher la propagation du "virus" extrémiste dans le pays.

Après des décennies de rébellion armée qui a fait des dizaines de milliers de morts, le Front moro islamique de libération (Milf) a signé en mars un accord de paix avec le gouvernement prévoyant le partage du pouvoir sur le territoire à majorité musulmane du Bangsamoro, dans le sud de l'archipel.

"Le Milf condamne tout acte barbare et sauvage, qu'il soit le fait d'autres groupes dont l'Etat islamique (EI) ou de ses membres", a indiqué le mouvement sur son site www.luwaran.com.

"C'est l'autorité, la modération et l'influence du Milf qui empêchent l'émergence d'un groupe radical fort" aux Philippines, a-t-il estimé en pressant le président Benigno Aquino de proclamer la création d'une région autonome appelée à devenir "un rempart" contre l'extrémisme.

Si Manille tardait à consacrer l'autonomie du Bangsamoro comme l'accord de paix l'y oblige, les Philippines pourraient "craindre" une propagation du "virus de l'EI" en raison de l'activité sur l'archipel d'autres cellules insoumises, a prévenu le Milf.

Les cinq millions de musulmans philippins (sur une population proche de 100 millions) considèrent le Sud comme leur terre ancestrale, depuis l'arrivée de marchands venus d'Arabie au 13e siècle.

Le Milf a mené la lutte pour l'indépendance, avant d'accepter la création d'une région autonome.

Deux autres groupes insurrectionnels musulmans, Abou Sayyaf et les Combattants islamiques pour la liberté de Bangsamoro (Biff), ont récemment fait allégeance à l'EI dans des vidéos diffusées sur internet.

Fondé au début des années 1990, Abou Sayyaf a commis plusieurs attentats meurtriers, dont l'incendie d'un ferry au large de Manille en février 2004 qui avait fait 116 morts.

Il est également à l'origine de la prise d'otages le 23 avril 2000 de 21 personnes, dont dix touristes occidentaux, sur l'île malaisienne de Sipadan, libérés contre des millions de dollars.

Abou Sayyaf ne compte plus que quelque 300 membres, selon l'armée philippine, mais survit grâce au soutien de la communauté musulmane et à l'argent tiré des enlèvements et autres activités criminelles.

Les Biff ne compteraient dans ses rangs que 200 hommes environ qui ont rompu avec le Milf pour poursuivre l'objectif de la création d'un Etat islamique indépendant.

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