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Niger : le président du Parlement a fui parce qu'il se sentait menacé (avocat)

28/08/2014 09:01 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

Le président du Parlement du Niger, Hama Amadou, principal opposant au président Mahamadou Issoufou, a fui le Niger pour le Burkina Faso parce qu'il se sentait menacé par l'Etat, et non pour éviter de s'expliquer sur les accusations sur un trafic présumé de bébés, a affirmé jeudi son avocat.

"Tout le monde sait dans ce pays que (les autorités) ont tenté de diverses manières de débarquer Hama Amadou : d'abord par un vote (de défiance) des députés aux deux-tiers, puis par le biais de la Cour constitutionnelle, mais ils n'ont pas pu", a expliqué Me Souley Oumarou.

"Par le biais de la justice", "on veut mettre hors d'état de nuire le président de l'Assemblée nationale", le procureur ayant "adressé une requête aux fins +d'arrêter+" M. Amadou et non de "simplement l'auditionner", a affirmé son défenseur.

"Il faut harceler, isoler et abattre Hama par tous les moyens", s'est indigné son parti, le Mouvement démocratique nigérien (Moden), dans un communiqué mercredi, dénonçant un "dossier judiciaire fallacieux, savamment coordonné par le président de la République".

L'une de ses épouses est actuellement écrouée dans le cadre de cette affaire retentissante de trafic international de bébés entre le Nigeria, où ils ont été conçus, le Bénin et le Niger, qui a crispé le climat politique dans le pays.

Le bureau politique de l'Assemblée nationale, sur demande du gouvernement, a autorisé mercredi l'audition de son chef par la justice. M. Amadou s'est ensuite "discrètement" rendu au Burkina Faso, selon l'opposition.

Hama Amadou "n'a pas fui pour ce qu'on lui reproche, mais il s'est mis à l'abri contre une procédure illégale" prise par "des gens qui veulent sa peau", a affirmé Me Oumarou pour qui les objectifs de son client sont politiques.

"Comme cela, il a la chance d'être candidat en 2016. S'ils l'avaient pris, ils ne l'auraient jamais libéré avant 2016", a-t-il lancé.

Dix-sept personnes, dont 12 femmes, ont été inculpées fin juin au Niger pour "supposition d'enfant" (délit qui consiste à attribuer la maternité d'un enfant à une femme qui ne l'a pas mis au monde), "faux et usage de faux" et "déclaration mensongère", avant d'être écrouées.

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