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L'UE désigne samedi le chef de sa diplomatie, en attendant la Commission

28/08/2014 07:25 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

Les dirigeants européens doivent enfin parvenir samedi à un accord sur deux hauts postes de l'UE, chef de la diplomatie et président du Conseil, afin de permettre à Jean-Claude Juncker, le futur président de la Commission, de composer son équipe.

Les chefs d'Etat et de gouvernement n'ont pas franchi l'obstacle le 16 juillet et doivent absolument réussir à leur deuxième tentative.

Le blocage sur la nomination du chef de la diplomatie européenne a été levé. Sauf énorme surprise, l'actuelle ministre italienne des Affaires étrangères, Federica Mogherini, sera nommée pour succéder à la Britannique Catherine Ashton.

"Sa nomination ne fait plus aucun doute", a indiqué une source européenne à l'AFP. "Personne ne voit d'alternative", souligne une autre source.

Le Haut représentant occupe un poste stratégique. Il est à la fois membre du Conseil, puisqu'il préside les réunions des ministres des Affaires étrangères et assiste aux sommets des chefs d'Etat et de gouvernement, et de la Commission européenne, dont il est premier vice-président.

Fort de son triomphe aux élections européennes, le Premier ministre social-démocrate italien Matteo Renzi a fait le forcing pour décrocher ce portefeuille qui prend d'autant plus d'importance au moment où les crises internationales se multiplient, de l'Ukraine à Gaza en passant par l'Irak et la Syrie.

Plusieurs pays de l'Est, au premier rang desquels la Lituanie, s'étaient vigoureusement opposés à la désignation de Mme Mogherini, jugée novice et surtout trop proche de Moscou. Mais c'était aussi un levier pour revendiquer une meilleure place au sein des institutions européennes pour ce bloc de pays, 10 ans après leur entrée dans l'Union.

Les deux autres candidats étaient la Bulgare Kristalina Georgieva, commissaire sortante chargée de l'action humanitaire, et le ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski.

- Manque de femmes "inacceptable" -

Le bloc de l'Est devrait donc obtenir l'autre poste du triptyque institutionnel de l'UE, celui de président du Conseil, chargé de coordonner et de présider les travaux du cénacle des chefs d'Etat et de gouvernement, et de représenter l'UE conjointement avec le président de la Commission.

Trois personnalités de droite sont citées: l'ancien Premier ministre conservateur letton Valdis Dombrovskis, le Premier ministre polonais Donald Tusk, qui a le handicap de ne maîtriser ni l'anglais ni le français, et l'ancien chef du gouvernement estonien, le libéral Andrus Ansip.

Compte tenu des nécessaires équilibres géographiques et politiques, trois dirigeants du nord de l'Europe restent aussi en lice: la Première ministre social-démocrate danoise Helle Thorning-Schmidt, son homologue conservateur irlandais, Enda Kenny, et l'ancien chef du gouvernement finlandais, le conservateur Jyrki Katainen.

Ces deux choix influeront ceux de Jean-Claude Juncker pour la composition de sa Commission. Chacun des 28 Etats membre de l'UE nomme un commissaire, et de nombreux gouvernements voulaient savoir quel sort leur réservait M. Juncker avant de se décider sur les postes de chef de la diplomatie et de président du Conseil.

Mais l'ancien Premier ministre du Luxembourg a refusé d'inverser la charge de la preuve. "Je n'annoncerai pas la composition de la Commission avant le 30 août, car le Conseil européen doit d'abord faire son travail", a-t-il affirmé dans un entretien au journal luxembourgeois Le Quotidien.

La nouvelle Commission, qui doit prendre ses fonctions en novembre, doit être dévoilée au cours de la première quinzaine de septembre. Le principal problème de M. Juncker vient du manque de femmes désignées par les Etats membres.

Alors que la Commission sortante compte neuf femmes, il n'est assuré actuellement que de quatre, ce qui serait "inacceptable" pour le Parlement européen chargé d'investir la nouvelle Commission en octobre. "Les socialistes n'apporteront pas leur soutien à une Commission comprenant moins de femmes qu'aujourd'hui", a prévenu Gianni Pittella, le chef du groupe socialiste.

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