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L'armée irakienne avance vers la ville d'Amerli assiégée par les jihadistes

28/08/2014 12:46 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

L'armée irakienne appuyée par des miliciens avançait jeudi vers la ville chiite turcomane d'Amerli assiégée depuis plus de deux mois par les jihadistes de l'Etat islamique (EI), après avoir repris plusieurs villages au sud de cette localité.

Les habitants d'Amerli, à 160 km au nord de Bagdad, réclament depuis des semaines une intervention militaire. Au manque d'eau, de vivres et d'électricité s'ajoute pour eux la peur d'être tués par ces jihadistes réputés pour leur cruauté et qui les considèrent comme apostats.

Plusieurs villages ont été repris par les militaires dans leur progression au sud d'Amerli, a affirmé à l'AFP le général Abdelamir al-Zaidi.

Plus de 20 jihadistes sont morts dans les combats, a-t-il ajouté, un bilan confirmé par une autre source militaire. Mais ces chiffres sont très difficilement vérifiables de façon indépendante.

Tandis que l'armée avançait au sud, des milliers de miliciens chiites se massaient au nord de la ville pour se préparer à briser le siège, a indiqué un commandant volontaire.

Mais ces miliciens sont une arme à double-tranchant pour l'armée, notamment depuis l'attaque d'une mosquée -imputée à une milice chiite- dans laquelle 70 fidèles sunnites ont été abattus la semaine dernière.

Selon un haut responsable du Pentagone, les Etats-Unis envisagent de venir au secours d'Amerli, une intervention pourrait prendre la forme de largages humanitaires (eau, vivres) et/ou de frappes contre les insurgés pour desserrer l'étau.

Washington a lancé à partir du 8 août des raids contre les positions de l'EI dans le nord du pays, après que l'avancée des jihadistes vers le Kurdistan a jeté sur les routes des dizaines de milliers de personnes, dont un grand nombre de chrétiens et Yazidis, une minorité kurdophone non-musulmane.

Depuis le début de leur offensive le 9 juin les jihadistes se sont emparés de larges pans du territoire au nord, à l'ouest et à l'est de Bagdad, avant de s'étendre début août vers la région autonome du Kurdistan, face à une armée irakienne impuissante et des forces kurdes dépassées.

Près du Kurdistan, des jihadistes ont mis le feu jeudi à trois puits de pétrole avant de quitter le champ d'Ain Zalah qu'ils contrôlaient depuis le début août, a indiqué un responsable de la compagnie pétrolière du Nord.

Le champ d'Ain Zalah est situé à quelque 70 km au nord-est de Mossoul, la deuxième ville d'Irak que l'EI contrôle depuis le 10 juin.

Selon un colonel kurde, ses forces ont lancé une attaque d'envergure contre les jihadistes qui ont été forcés de se retirer du champ et de plusieurs villages dans le secteur.

Les forces kurdes ont également repris, avec l'aide de raids aériens américains, le contrôle du mont Batana, près de Zoumar, ville tombée aux mains de l'EI début août, selon un responsable de la province de Ninive.

Cette prise stratégique va permettre selon lui aux peshmergas (combattants kurdes) de reprendre la zone de Zoumar.

Fort de l'appui aérien américain, les forces kurdes ont regagné un peu de terrain, en reprenant notamment le 17 août avec l'aide des forces spéciales irakiennes le barrage de Mossoul, le plus important d'Irak.

L'offensive des jihadistes a affecté la production de pétrole dans le nord du pays, mais les importants champs pétroliers et terminaux d'exportation du sud de l'Irak n'ont pas été touchés.

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