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Ebola: crainte par l'OMS de 20 000 cas, six fois plus que présentement

28/08/2014 06:47 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

GENÈVE - L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) craint que l'éclosion du virus d'Ebola en Afrique de l'Ouest puisse faire 20 000 malades, un nombre environ six fois plus élevé que le nombre de cas actuellement répertoriés.

Le nouveau plan élaboré par l'agence onusienne pour freiner l'épidémie prend pour acquis que le nombre réel de cas dans les secteurs les plus durement touchés puisse être de deux à quatre fois supérieur au nombre recensé. Si cela s'avère, cela voudrait dire qu'il y aurait déjà 12 000 infections.

Environ la moitié des victimes succombent à leur infection. Si le scénario évoqué par l'OMS se concrétise, on pourrait donc s'attendre à un bilan d'environ 10 000 morts.

«Ça dépasse largement toutes les épidémies d'Ebola précédentes en termes de chiffres. La pire épidémie dans le passé comptait environ 400 cas, a dit aux journalistes le directeur adjoint des opérations d'urgence de l'OMS, le docteur Bruce Aylward. Ce qu'on voit aujourd'hui, comparativement aux épidémies précédentes d'Ebola: de multiples points chauds au sein de ces pays — et non un seul endroit, loin dans la jungle, le genre d'environnement que nous avons affronté dans le passé. Et puis ensuite non pas de multiples points chauds dans un seul pays, mais une épidémie internationale.»

La difficulté de combattre la maladie dans de grandes villes et sur de vastes secteurs ajoute une autre dimension au problème, a-t-il expliqué.

Cette plus récente éclosion du virus a jusqu'ici entraîné 1552 personnes dans la mort, selon l'OMS, qui rapporte que 3069 personnes ont été infectées au Libéria, en Guinée, en Sierra Leone et au Nigeria. Au moins 40 pour cent des cas ont été repérés au cours des trois dernières semaines, a dit l'OMS avant de prévenir que «l'épidémie continue d'accélérer».

L'agence a publié à Genève un plan pour stopper la transmission de l'Ebola dans les pays infectés d'ici six ou neuf mois, et pour empêcher le virus de se propager à la planète.

Le plan prévoit des dépenses de 489 millions $ US au cours des neuf prochains mois et nécessitera 750 travailleurs internationaux et 12 000 nationaux.

Le but est de «dégonfler cette épidémie» d'ici trois mois, a dit le docteur Aylward. Cela permettrait ensuite à l'OMS d'utiliser les stratégies habituelles de confinement pour mettre fin à la transmission. On espérerait alors stopper toute transmission dans un laps de huit semaines après la détection de la dernière infection.

«C'est très agressif, mais c'est possible. Nous avons réussi dans des secteurs forestiers reculés, mais ça n'a jamais été fait dans des zones urbaines», a-t-il dit.

Dans une évaluation publiée la semaine dernière, l'OMS affirmait que l’ampleur de la flambée d’Ebola, notamment au Libéria et en Sierra Leone, avait été sous-estimée pour un certain nombre de raisons.

De nombreuses familles cachent chez elles les malades. Comme il n’y a pas de traitement, certains pensent que les êtres chers qui sont infectés seront mieux entourés à domicile pour mourir.

D’autres nient la maladie à virus Ebola et croient que les soins dans une unité d’isolement, considérée comme un incubateur de la maladie, conduiront à l’infection et à une mort certaine.

De plus, nombreux sont ceux qui craignent la stigmatisation et le rejet social frappant les patients et les familles lorsque le diagnostic est confirmé.

Par ailleurs, les National Institutes of Health des États-Unis ont annoncé jeudi qu'ils lanceront la semaine prochaine les essais cliniques d'un nouveau vaccin contre l'Ebola. Le vaccin, qui a été développé par le gouvernment américain et la pharmaceutique GlaxoSmithKline, sera tout d'abord testé chez des sujets en santé aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Gambie et au Mali.

Les essais cliniques ont été devancés en réaction à l'épidémie, mais aucun résultat n'est attendu avant quelques mois.

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