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Dépenses somptuaires du président: la médiatrice contre-attaque

28/08/2014 12:17 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

La médiatrice sud-africaine, vivement prise à partie par l'ANC au pouvoir pour avoir dénoncé des dépenses somptuaires du président Jacob Zuma, a contre-attaqué vendredi en accusant ses contempteurs de mépriser la très libérale Constitution du pays.

"Nous devons admettre que beaucoup parmi nous ont encore du mal à saisir le sens de la suprématie de la Constitution", a-t-elle dit devant la presse, alors que ses relations avec le pouvoir se tendent de jour en jour. "Même si le parlement n'est pas content, l'hystérie et traîner les gens dans la boue ne sont pas les bonnes méthodes".

"Il n'est pas surprenant que nous tâtonnions un peu lorsqu'il s'agit de donner du sens aux mots que nous avons inscrit dans notre Constitution", a poursuivi la médiatrice, qui met en général les attaques dont elle est l'objet sur le compte de la jeunesse de la démocratie sud-africaine et de son manque de maturité.

Ces derniers jours, des députés et hauts dignitaires de l'ANC, le parti du président Jacob Zuma, lui ont violemment reproché d'outrepasser ses fonctions et de mener une vendetta personnelle contre le chef de l'Etat.

Mme Madonsela avait rendu en mars un rapport explosif sur les travaux de "sécurité" effectués dans la résidence privée du chef de l'Etat, d'un montant de plus de 17 millions d'euros, (au cours de l'époque) et comprenant une piscine, un amphithéâtre, un enclos pour le bétail et un poulailler, entre autres.

Le président et sa majorité ont fait bloc pour rejeter toute accusation d'abus de biens publics et accuser Mme Madonsela d'avoir été au delà des limites de son mandat.

En réponse, la médiatrice a sommé publiquement le 24 août Jacob Zuma d'expliquer publiquement pourquoi il ne devrait pas rembourser les sommes induement dépensées.

La polémique a encore enflé lorsqu'une lettre envoyée par Mme Madonsela au président Zuma a fuité dans la presse. Le secrétaire général de l'ANC Gwede Mantashe a affirmé mardi qu'elle avait "en permanence l'intention de discréditer l'ANC et ses dirigeants".

Alors que la conférence de presse de Mme Madonsela était encore en cours, l'ANC a twitté vendredi pour dire qu'elle avait "perdu une bonne occasion de se rattraper".

L'affaire de la résidence privée du président, et d'autres scandales au sommet de l'Etat n'ont pas empêché l'ANC de remporter facilement les élections législatives de mai, avec presque 66% des voix. M. Zuma a ensuite été reconduit à la présidence par le parlement.

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