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Conseil de sécurité de l'ONU: Moscou doit s'expliquer sur l'invasion en Ukraine

28/08/2014 04:12 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

Un haut responsable des Nations unies a affirmé au Conseil de sécurité, jeudi, que les nouvelles violences en Ukraine représentaient une escalade dangereuse, mais que l'organisation internationale n'était pas en mesure de vérifier les récentes informations sur une invasion russe.

Le sous-secrétaire général aux Affaires politiques des Nations unies, Jeffrey Feltman, a ouvert la rencontre en affirmant aux membres que les récents développements représentaient «une escalade dangereuse dans le conflit».

Deux colonnes de chars et de véhicules russes ont attaqué jeudi, depuis la Russie, un poste frontalier du sud-est de l'Ukraine à l'aide de missiles Grad, puis ont pénétré dans le pays quand les gardes-frontières ont pris la fuite, a dit un dirigeant ukrainien.

Les propos du porte-parole du Conseil national de sécurité de l'Ukraine, et des affirmations provenant de l'OTAN, des séparatistes prorusses en Ukraine et des États-Unis confirment que les forces russes ont envahi le sud-est de l'Ukraine.

Lors de la réunion d'urgence sur la crise grandissante en Ukraine, les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leur indignation, alors que l'ambassadrice américaine Samantha Power a affirmé que la Russie avait été malhonnête et avait «menti» complètement.

Mme Power a rappelé au Conseil que la rencontre était la 24e à s'attarder aux «actes d'agression de la Russie en Ukraine».

«Chacune a transmis un message uni et sans équivoque: «Moscou, mettez fin à ce conflit.» Et la Russie n'écoute pas», a-t-elle fait valoir, ajoutant que les forces russes le long de la frontière étaient les plus imposantes depuis le début du déploiement à la fin mai.

«Nous continuerons de travailler avec les partenaires du G7 pour amplifier les conséquences pour la Russie», a dit Mme Power, et la France a aussi prévenu que les sanctions seraient augmentées si l'escalade se poursuit.

Avant la rencontre, l'ambassadeur russe aux Nations unies, Vitaly Churkin, a affirmé aux médias: «Vous êtes dans l'erreur». Il a par la suite soutenu que Kiev «menait une guerre contre sa propre population».

M. Churkin n'a pas nié la présence de soldats russes en Ukraine.

«Il y a des volontaires russes dans des parties de l'Est de l'Ukraine. Personne ne dissimule ça», a-t-il argué. Mais il a dit s'interroger sur la présence de conseillers occidentaux et sur la provenance des armes des forces ukrainiennes.

M. Churkin a dit vouloir envoyer un message à Washington: «Cessez d'interférer dans les affaires internes d'États souverains.»

À la Maison-Blanche, le président Barack Obama a blâmé la Russie pour l'escalade de violences dans l'Est de l'Ukraine.

M. Obama a fait valoir que la Russie entraîne, arme et finance les séparatistes prorusses. M. Obama a ajouté que les nouvelles images de forces russes en Ukraine ne laissaient pas de doute sur l'implication de Moscou.

Le président américain a affirmé que l'incursion de la Russie en Ukraine entraînerait des conséquences additionnelles. Il a mentionné que le président ukrainien serait à la Maison-Blanche le mois prochain.

M. Obama écarte la possibilité d'une intervention militaire américaine à l'égard du conflit en Ukraine, ajoutant que les États-Unis adopteraient une position ferme aux côtés de ses alliés.

Le président américain a affirmé qu'une confrontation militaire entre les États-Unis et la Russie dans la région n'était «pas dans les plans».

Mais M. Obama a fait valoir le front de l'OTAN comme un élément dissuasif pour la Russie. Il a souligné que bien que l'Ukraine ne fasse pas partie de l'OTAN, d'autres pays à proximité en font partie. Il a dit que les États-Unis prenaient leur engagement à défendre les alliés de l'OTAN «très sérieusement».

L'ambassadeur adjoint de l'Ukraine aux Nations unies, Oleksandr Pavlichenko, s'est demandé si le monde ignorerait l'invasion ou s'il agirait.

«Combien de lignes rouges de plus devront être transgressées avant que cet enjeu puisse être adressée?», a demandé M. Pavlichenko au Conseil.

L'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant a déclaré aux journalistes: «La Russie sera appelée à expliquer pourquoi elle a ses soldats en territoire ukrainien. Il ne fait aucun doute que les forces régulières de la Russie sont désormais en Ukraine.»

L'ambassadrice de la Lituanie, Raimonda Murmokaite, qui avait appelé à la tenue de la réunion d'urgence, a écrit sur Twitter avant le début: «Une invasion est une invasion est une invasion.»

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