POLITIQUE

Anjou veut se défusionner de Montréal: le ministre Pierre Moreau ferme la porte à toute demande

28/08/2014 11:16 EDT
Radio-Canada.ca

Le ministre des Affaires municipales ferme la porte à toute demande de défusion, en réaction aux propos du maire d'Anjou sur sa volonté de faire circuler une pétition pour réclamer un référendum sur la défusion de l'arrondissement de Montréal.

Pierre Moreau affirme ne pas vouloir s'immiscer dans un débat administratif interne, et qu'il prévoit plutôt accorder un statut particulier à Montréal dans le cadre d'un nouveau projet de loi.

Jeudi matin, le maire d'Anjou, Luis Miranda, a affirmé que la fusion n'a pas apporté à Anjou les résultats attendus depuis 2001, et que la réforme du financement des arrondissements de l'administration Coderre est la goutte qui a fait déborder le vase.

Selon M. Miranda, la contribution financière d'Anjou est beaucoup trop élevée par rapport à ce qu'il reçoit. « On recule continuellement. On réduit les services. Avant, on ouvrait tous nos chalets de parc au printemps. Maintenant, on en ouvre seulement trois », a souligné le maire, à titre d'exemple, sur ICI RDI.

« La démonstration est faite. [...] Les économies [des fusions] n'étaient pas là et ne seront jamais là. »

— Le maire d'Anjou, Luis Miranda

Le maire d'Anjou affirme que son initiative n'est « pas du tout » faite dans le but d'exercer de la pression sur le maire de Montréal pour qu'il modifie sa réforme. « On ne fait que jouer au yoyo [avec les initiatives d'un maire à l'autre]. Je crois qu'il faut mettre fin à ça une fois pour toutes », a-t-il affirmé.

Le maire d'Anjou estime que les arrondissements de Montréal qui ont décidé de défusionner se portent beaucoup mieux que les autres. Il croit d'ailleurs que d'autres arrondissements devraient aujourd'hui envisager la défusion. « Dans mon livre à moi, il n'y a qu'un arrondissement, probablement, qui tire son épingle du jeu actuellement à rester avec Montréal », affirme M. Miranda.

Mais tout comme le gouvernement du Québec, l'administration Coderre n'a pas l'intention de se lancer dans un débat sur les défusions. « Le ministre est clair et il n'y aura pas de défusion. La pétition ne change pas cette situation », a affirmé le directeur des communications du maire de Montréal, Louis-Pascal Cyr.

Luis Miranda rappelle que c'est un gouvernement libéral, comme celui au pouvoir actuellement, qui avait permis aux anciennes villes de défusionner en 2004.

Lors du référendum à cet effet en 2004, 56 % des citoyens d'Anjou ayant exercé leur droit de vote étaient en faveur de la défusion. Ces derniers ne représentaient toutefois que 26 % des électeurs inscrits, et n'atteignaient donc pas le seuil de 35 % nécessaire pour que le résultat soit valide.

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