NOUVELLES

Aide humanitaire et produits de consommation entrent à Gaza après le cessez-le-feu

28/08/2014 07:14 EDT | Actualisé 28/10/2014 05:12 EDT

De l'aide humanitaire et des produits de consommation commençaient à entrer dans la bande de Gaza, dévastée par 50 jours d'un conflit meurtrier, les Gazaouis plaçant désormais tous leurs espoirs dans l'allègement du blocus imposé par Israël prévu par l'accord de cessez-le-feu.

Mardi soir, Israéliens et Palestiniens ont mis un terme à la guerre, la troisième en six ans à Gaza, en acceptant cet accord. Depuis que les armes se sont tues, les Gazaouis tentent de revenir à un semblant de vie normale dans le territoire ravagé par le pilonnage de l'aviation israélienne.

En 50 jours, plus de 2.140 Palestiniens ont été tués dans l'étroite langue de terre coincée entre Israël, l'Egypte et la Méditerranée et plus de 11.000 autres blessés.

Et outre les pertes humaines, la bande de Gaza a enregistré d'importants dégâts matériels. Près d'un demi-million de Gazaouis, soit le quart de la population, ont été déplacés et tous ne retrouveront pas un abri de sitôt: près de 55.000 maisons ont été touchées par les frappes israéliennes, dont au moins 17.200 totalement ou quasi-totalement détruites, a décompté l'ONU, et au moins 100.000 personnes ont besoin d'une solution de relogement.

Le blocus empêchait l'entrée de nombreux matériaux de construction, Israël refusant de laisser passer tout produit pouvant servir à la fabrication d'armes, notamment de roquettes, régulièrement tirées sur son sol. Mais après l'accord conclu sous l'égide des Egyptiens, l'Etat hébreu s'est engagé à desserrer l'étau.

La zone de pêche a été ramenée mercredi à six milles nautiques, contre 3, et devrait atteindre 12 milles à terme. En outre, Israël a indiqué qu'il allègerait les restrictions sur l'entrée des biens à Gaza en autorisant aux deux points de passage, Erez et Kerem Shalom, l'aide humanitaire et certains matériaux de construction.

- Aide humanitaire et biens de consommation -

Jeudi, à Kerem Shalom, une longue file de camions était visible, la plupart chargés de marchandises pour les magasins de Gaza, certains apportant de l'aide humanitaire. Aucun matériau de construction n'était en revanche visible.

"Pendant la guerre on traversait, mais seulement avec de l'aide. Aujourd'hui, j'apporte des produits destinés aux magasins de Gaza", a indiqué à l'AFP Abou Amer, alors que son camion passait à l'inspection.

Les Israéliens contrôlent toutes les ouvertures de Gaza sur le monde, à l'exception du point de passage de Rafah, qui relie l'enclave à l'Egypte. Mercredi, pour la première fois depuis 2007, un convoi d'aide humanitaire du PAM (Programme alimentaire mondial) a pu le traverser pour apporter à Gaza suffisamment de nourriture pour 150.000 personnes pendant cinq jours.

Raëd Fattouh, le chef du comité de liaison palestinien qui assure la coordination aux points de passage avec les Israéliens, a expliqué à l'AFP que le trafic à Erez et Kerem Shalom devait reprendre comme avant la guerre, le temps que les deux parties négocient les nouvelles procédures prévues par l'accord de cessez-le-feu.

L'ONG israélienne Gisha qui milite pour la liberté de mouvement des Palestiniens a appelé à modifier les inspections drastiques pour accélérer la reconstruction, rappelant que 70.000 Gazaouis travaillent dans le bâtiment. Sans cela, "elle prendra au moins 100 ans", a estimé Sari Bashi, co-fondatrice de l'ONG, ajoutant que "depuis décembre 2013, Israël a autorisé l'entrée de matériaux de construction pour les organismes internationaux, mais le processus est compliqué est très long".

Dans le territoire exigu, la précédente guerre, en 2012, s'était soldée par un accord quasi-similaire. A l'époque, le blocus imposé depuis 2006 n'avait pas été allégé.

Par ailleurs, l'accord conclu mardi reporte les discussions sur les questions les plus sensibles, comme la libération de prisonniers palestiniens, la réouverture de l'aéroport à Gaza ou la démilitarisation de l'enclave, à des pourparlers prévus au Caire sous un mois.

Si les gains des deux belligérants à l'issue du conflit sont loin d'être clairs, les dirigeants du Hamas, invisibles pendant la guerre, sont ressortis mardi soir pour célébrer devant une foule en liesse la "victoire", assurant aux Gazaouis qu'ils auraient bientôt un aéroport et un port.

Espoir douché mercredi par un proche du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a asséné qu'il n'y aurait "pas de port, pas d'aéroport" à Gaza.

Et dans sa première déclaration publique depuis l'entrée en vigueur du cessez-le feu, M. Netanyahu a affirmé que le Hamas n'avait obtenu "aucune de ses demandes". Jeudi, il a annoncé un plan d'indemnisation pour les Israéliens vivant en bordure de Gaza, durement touchés par les tirs de roquette.

Moussa Abou Marzouq, numéro deux du Hamas en exil, est arrivé jeudi dans la bande de Gaza, où il a appelé à lancer au plus vite la reconstruction, tout en prévenant que les combattants devaient "retourner à l'entraînement" pour préparer l'avenir.

bur-sbh/cbo

PLUS:hp