POLITIQUE

Ministère des Finances: cours de français pour fonctionnaires

26/08/2014 11:37 EDT | Actualisé 26/08/2014 11:37 EDT
ivanCHANG via Getty Images

Des fonctionnaires du ministère des Finances ont été invités à retourner sur les bancs de l’école pendant deux jours pour suivre des cours d’appoint en français. Des formations offertes à un taux journalier de 1 750 $, a appris Le Hufffington Post Québec.

Pour aider ses fonctionnaires à mieux maîtriser la langue de Molière, notamment pour l’écriture de notes et pour de la rédaction stratégique, le ministère des Finances a sollicité les services d’une entreprise privée afin de donner des formations de groupe en « maintien et développement des compétences - communication écrite ».

Le contrat, d’une valeur de 35 000 $, a été octroyé sans appel d’offres au Centre Microbur. Le taux journalier a été fixé à 1 750 $, lit-on dans l’entente de service dont Le Huffington Post Québec a obtenu copie par l’entremise de la Loi d’accès à l’information.

Selon l’entente de service, l’entreprise sera appelée à donner des services au ministère pour la période allant du 1er avril 2014 au 31 mars 2015.

À ce jour, cinq formations de deux jours ont déjà été offertes à 70 employés du ministère. «Le coût des formations déjà octroyées est de 17 500 $. D’autres formations pourraient être offertes selon la demande», lit-on dans les documents.

Selon le calendrier des cours, des formations ont été données en mai, avril et juin. Elles ont regroupé 14 fonctionnaires à la fois. D’autres séances sont prévues en octobre et novembre, lit-on.

Pour le porte-parole du ministère des Finances, Jacques Delorme, il s’agit essentiellement de « cours de perfectionnement et de mise à niveau. » Il précise également que, même si les formations sont offertes sur une base volontaire, c’est quand même le ministère qui choisit les employés qui ont besoin de participer aux formations.

« Il se fait beaucoup de rédactions de notes et de rapports au ministère des Finances. Donc il est possible qu’un gestionnaire décide d’inviter certains de ses employés à suivre une formation d’appoint en français », précise-t-il.

Jointe par téléphone, la propriétaire du Centre Microbur, Édith Tousignant, présente ses formations comme un petit «coup de pouce» en français pour les fonctionnaires.

Elle précise également avoir remarqué que plusieurs fonctionnaires ont d’importantes lacunes en français, notamment au niveau de la fluidité du texte.

« Quand les gens ont des choses importantes à écrire, comme un rapport, par exemple, plusieurs éprouvent de la difficulté à développer leurs idées et à faire des phrases moins lourdes », explique-t-elle.

Présidente de la Ligue des contribuables du Québec, Claire Joly trouve que « c’est une bonne chose que le ministère des Finances se préoccupe de la qualité du français » chez ses fonctionnaires.

Par contre, dit-elle, ces cours démontrent qu’il y a un problème dans notre système d’éducation.

« Il y a une carence dans le système d’éducation au Québec, et aussi un constat de faillite », remarque-t-elle, précisant que des efforts supplémentaires doivent être faits, notamment dans l’enseignement du français.

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