DIVERTISSEMENT
24/08/2014 04:49 EDT | Actualisé 24/08/2014 04:49 EDT

«Mort de soif» des Tavarneux : des chansons brutes et sans vernis

Courtoisie Distribution Sélect

Avec un titre d’album comme Mort de soif, Les Tavarneux ne laissent planer aucun mystère sur leurs intentions. Faire la fête, amuser, unir les voix sur des couplets accrocheurs et imagés, soulever les foules à la Fête nationale… Et peut-être, un jour, revendiquer. Mais pas tout de suite. Pour l’instant, ils se laissent guider par la musique et le plaisir. Plus tard, on verra.

La formation Les Tavarneux s’est construite en deux temps, avant que son «rock n’folk» cru ne se fraie un chemin jusqu’à nos oreilles. Vous avez peut-être visionné la vidéo Des pilules, qui a généré plus de 23 000 clics sur YouTube et 250 diffusions à MusiquePlus.

«Ça faisait quelques années que j’écrivais mes propres chansons, raconte Marc-Alain Lavoie, chanteur, guitariste, harmoniciste et instigateur du projet. En 2012, j’ai rencontré deux gars à la Saint-Jean-Baptiste, à Sainte-Agathe-des-Monts, qui m’ont vu, debout sur un banc de parc, en train de gueuler à tue-tête. Les gens se sont rassemblés autour de moi et on s’est retrouvés environ 150 à chanter ensemble.»

Marc-Alain Lavoie a enchainé quelques spectacles acoustiques dans les Laurentides avec ses deux camarades d’alors mais, en cours de route, a eu envie de sonorités plus rock. Au moment où la première vie des Tavarneux prenait fin et que les membres partaient chacun de son côté, l’auteur-compositeur a renoué avec un ancien voisin, Normand Forget, dont le parcours rejoignait étrangement le sien.

«C’était lui qui m’avait appris à jouer de la guitare, explique Lavoie. Je l’ai contacté. Il venait de perdre son band, sa blonde, et était retourné vivre chez ses parents. Il m’a dit : «Et toi?» J’ai répondu : «J’ai perdu mon band, j’ai perdu ma blonde et je suis retourné vivre chez mes parents!» Je lui ai donc demandé si ça lui tentait d’embarquer avec moi.»

Marc-Alain et Normand ont fait appel à deux autres musiciens de leur connaissance, Marc-Olivier Tremblay-Drapeau (bassiste) et Tristan Forget-Brisson (percussionniste) pour compléter leur quatuor, dont les représentants sont tous à la fin de la vingtaine. À l’été 2013, Les Tavarneux nouveaux étaient nés et commençaient à peaufiner les textes déjà écrits par Marc-Alain.

«On a enregistré l’album en deux mois et demi, environ. Ce sont toutes des compositions que j’avais dans mes tiroirs, mais les gars y ont ajouté leur grain de sel. On a apposé un peu d’arrangements, mais on voulait garder un son brut, de fond de garage, qui sort des tavernes. C’est le concept. On ne voulait pas un produit trop raffiné», détaille le leader du groupe.

Fier Québécois

«Brut» est, de fait, probablement le mot le plus exact pour définir les deux disques de Mort de soif, dont on a comparé le contenu à du Plume Latraverse, du Mononc’ Serge, du Bernard Adamus, du Richard Desjardins et du Dédé Fortin.

«Jean-Marc Parent est aussi une influence, parce que je suis un peu raconteur, souligne Marc-Alain. Yvon Deschamps aussi. Tout ce qui est dans les racines du folklore québécois… On a tous grandi avec Éric Lapointe et Marjo, on a tous passé une soirée sur la brosse, à gueuler sur Le blues d’la métropole

Mort de soif propulse ainsi des airs dont on battra la mesure du pied et des mains en chœur, dans les bars ou dans les parcs, des titres qui donnent dans la légèreté davantage que dans l’affirmation, allant de Fond de tavarne, Tu bandes encore, Ya ben du monde, Maudit menteur, J’pas faite en bois, Ça brasse dans l’Nord, Kes-tu veux (l’un des premiers extraits), Ti-Gars, Jésus Christ à Ah ben gadon et Donne-moé des news (les amoureux de la langue auront peut-être mal aux yeux en lisant le livret qui accompagne l’opus, vous voilà avertis).

Pourtant, Lavoie et ses troupes n’ont pas peur de leurs opinions et aimeraient bien, un jour, utiliser leur micro pour crier leurs idées. Ils l’ont fait ici et là dans quelques vers sur Mort de soif – la pièce Madame la juge constitue l’un de leurs morceaux les plus engagés – mais comptent peut-être, un jour, dédier une œuvre entière à leurs convictions. En attendant, une réalisation joyeuse et positive leur paraissait être une meilleure carte de visite pour se faire connaître.

«On a décidé de faire un album plus festif. La journée où on sera sur la mappe, au Québec, quand on aura les deux pieds bien ancrés, on essaiera de passer nos messages. Pour l’instant, on veut seulement rassembler les gens qui veulent embarquer dans le navire et «taverniser» avec nous», justifie Marc-Alain Lavoie, qui voue une admiration sans bornes à René Lévesque et Pierre Falardeau.

«C’étaient de très bons orateurs, vante-t-il. Je suis un Québécois pure laine, fier de l’être, fier de ma patrie et je pense que, quand on a les moyens de communiquer simplement, avec les bons mots et d’être imagés, il faut le faire. Mais je ne veux pas trop m’avancer sur mes opinions politiques, pour le moment!»

Pour suivre les activités des Tavarneux et connaître leurs dates de spectacles, consultez la page Facebook du groupe (facebook.com/LesTavarneux). L’album Mort de soif est présentement en vente.

INOLTRE SU HUFFPOST

Bons artistes, mauvais albums