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Vieillissement de la population : un écueil de taille pour le gouvernement chinois

20/08/2014 07:26 EDT | Actualisé 20/08/2014 07:26 EDT
Yvan Côté/Radio-Canada

Le vieillissement de la population est habituellement un problème de pays développés. Mais en Chine, ce phénomène est en voie de devenir un écueil de taille pour le gouvernement. On estime que le nombre de personnes âgées explosera au cours des 15 prochaines années en raison de la politique de l'enfant unique. Cette réalité propulse une nouvelle industrie dans le pays : les résidences pour personnes âgées.

Un texte d'Yvan Côté

Depuis des millénaires, ce sont les enfants qui, traditionnellement, prenaient soin de leurs parents. Mais la réalité de la vie moderne et le nombre élevé de personnes âgées dans le pays transforment graduellement la société.

« Mon fils travaille au Canada », dit avec fierté Huang Jian qui, à 80 ans, habite la résidence Jinglaoxia, située à quelques kilomètres du centre-ville de Pékin. « Je n'ai personne pour m'aider à la maison. Si je veux être heureux dans la vie, je n'ai pas le choix. Je suis seul et je ne suis plus en mesure d'être autonome. La résidence est ma seule option. »

Selon les dernières estimations du gouvernement, 202 millions de Chinois comme Huang ont en ce moment plus de 60 ans dans le pays, un nombre qui devrait presque doubler au cours des 15 prochaines années pour atteindre 350 millions en 2030. Le quart de la population sera alors admissible à la retraite, ce qui fera de la société chinoise l'une des plus vieillissantes sur la planète.

« Avec la prospérité économique, les gens vivent aussi plus longtemps qu'auparavant, explique Chen Xiaogang, l'administrateur de la résidence Jinglaoxia. C'est devenu difficile pour les familles de prendre soin de leurs quatre parents, de leur enfant et parfois même de leurs grands-parents. Environ 90 % de nos résidents sont ici pour cette raison. Leur enfant n'a plus le temps ni l'espace dont il aurait besoin pour prendre soin d'eux. »

Revoir l'âge de la retraite

Devant un tel problème, le régime communiste a récemment annoncé qu'il allait augmenter l'âge de la retraite de cinq ans : elle passera de 60 à 65 ans pour les hommes et de 55 à 60 ans pour les femmes.

Le gouvernement tente aussi d'encourager les familles à économiser en prévision de leurs vieux jours. La pension mensuelle d'un retraité en Chine varie selon ses revenus, mais comme les salaires des aînés sont bien souvent moins élevés que ceux de la nouvelle génération, il n'est pas rare pour un retraité de ne toucher que 50 $ canadiens par mois.

Ce montant est nettement insuffisant pour se payer une place en résidence. Celles-ci se marchandent plutôt 3000 yuans par mois dans la région de Pékin, soit plus de 500 $ canadiens. Ce prix élevé explique en partie la faible popularité des résidences dans le pays : seulement 2 % des aînés y vivent pour le moment en Chine.

Cette industrie risque cependant de croître rapidement au cours des prochaines années, selon plusieurs analystes. En 2050, ce ne sera plus le quart de la population qui aura plus de 60 ans en Chine, mais bien le tiers. Le choc des générations est donc loin d'être terminé dans l'empire du Milieu.

Ce vieillissement de la population a même forcé le régime communiste à assouplir sa politique de l'enfant unique il y a un an, un geste qui vise à minimiser le fardeau des familles, mais surtout à assurer la prospérité économique du pays par le renouvellement de sa main d'oeuvre.

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