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Yémen: sit-in de rebelles chiites à l'entrée de Sanaa

19/08/2014 09:47 EDT | Actualisé 19/10/2014 05:12 EDT

Des centaines d'hommes armés de la rébellion chiite observaient mardi des sit-in dans la périphérie de Sanaa, leurs partisans se mobilisant à travers le Yémen pour obtenir la chute du gouvernement d'ici vendredi.

Des dizaines de tentes ont été dressées à l'entrée ouest de Sanaa par les partisans des rebelles d'Ansarullah. Encadrés par des centaines d'hommes en armes, les manifestants aménageaient des campements dans le nord et le sud de la capitale, ont rapporté des correspondants de l'AFP.

Quelque 5.000 hommes ont afflué vers la périphérie de la capitale en provenance de la région de Saada (nord), bastion traditionnel de la rébellion zaïdite d'Ansarullah.

Le chef rebelle, Abdel Malek al-Houthi, avait ordonné dimanche à ses partisans de marcher sur Sanaa et de manifester pour obtenir "la chute du gouvernement qui a échoué".

Il a fixé aux autorités un ultimatum expirant vendredi, faute de quoi, avait-il prévenu, d'autres formes d'actions "légitimes" seront menées. Il n'a pas précisé lesquelles.

Ses partisans dénoncent aussi une récente augmentation des prix du carburant, dont l'impact est considérable pour la population de ce pays très pauvre. Ils ont déjà manifesté lundi par dizaines de milliers dans le centre de la capitale.

Ce mouvement de protestation se poursuivra jusqu'à vendredi et "nous ne cèderons pas", a déclaré mardi à l'AFP un rebelle en armes.

"Le président Abd Rabbo Mansour Hadi doit écouter la voix du peuple, sinon nous allons destituer ce gouvernement corrompu qui a affamé le peuple", a ajouté ce milicien, en faction autour d'un sit-in rebelle.

Les forces de sécurité ont déployé des renforts à l'entrée ouest de Sanaa.

"Nous sommes chargés d'assurer la sécurité et d'empêcher l'entrée à Sanaa de groupes armés", a déclaré à l'AFP un commandant local, Abdel Ghani Tajeddine. "Nous affronterons tout groupe armé qui chercherait à nuire à la sécurité et à la stabilité du pays".

Dans les milieux politiques on craint une escalade de ce face-à-face.

"Nous n'accepterons pas le statu quo que les houthis veulent nous imposer par la force des armes", a prévenu Mohamed al-Sabri, qui dirige une coalition comprenant le parti islamiste Al-Islah, formation sunnite.

"S'ils prennent l'initiative d'entrer à Sanaa (...), ce sera un suicide pour eux", a-t-il ajouté à l'AFP.

Ansarullah, qui contrôle la région de Saada, est soupçonné de vouloir élargir sa zone d'influence dans le futur Etat fédéral qui doit compter six provinces. Les rebelles étaient arrivés en juillet aux portes de Sanaa en prenant la ville d'Amrane, dont ils ont ensuite accepté de se retirer.

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