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USA: nouvelle dispersion de manifestants à Ferguson malgré un appel au calme d'Obama

19/08/2014 03:35 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

En dépit d'un appel au calme du président Barack Obama, les policiers ont une nouvelle fois dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants dans la nuit de lundi à mardi à Ferguson (Missouri), en proie à des émeutes depuis qu'un policier blanc a abattu un jeune Noir.

Les agents, en tenue antiémeute, encadrés par un véhicule blindé et un hélicoptère, ont dû ordonner à plusieurs reprises à la centaine de personnes rassemblées de se disperser.

Ils ont ensuite tiré des grenades de gaz lacrymogène peu après 23H00 (04H00 GMT mardi), provoquant la dispersion de la foule - moins nombreuse que celle qui avait affronté la police dimanche.

Au moins 31 personnes ont été arrêtées, a rapporté CNN, et des tirs ont été entendus, selon la police.

Plus tôt lundi, des militaires de la Garde nationale avaient été déployés pour épauler la police locale, mais sont ils restés discrets.

Aucun couvre-feu n'a été mis en place lundi, contrairement à samedi et dimanche, a expliqué le gouverneur Jay Nixon, soulignant la mission "limitée" des militaires, censés monter la garde autour du quartier général de la police.

Barack Obama, premier président noir des Etats-Unis, a dit lors d'une conférence de presse avoir recommandé au gouverneur une utilisation "limitée" de la Garde nationale et a estimé que rien n'excusait "l'utilisation de la force excessive par la police locale".

"Je m'assurerai dans les jours qui viennent qu'elle aide, plutôt qu'elle n'aggrave la situation", a prévenu M. Obama au sujet de la Garde nationale, ajoutant que le ministre de la Justice, Eric Holder, se rendrait sur place mercredi.

En fin de journée, un journaliste de l'AFP a vu environ 200 agents de la Garde nationale arriver et s'équiper au QG. Des tireurs d'élite étaient postés sur les toits des commerces alentour.

"Ils sont censés protéger les Américains, mais ils font la guerre aux citoyens non armés", s'est emporté Ron Henry, un jeune Noir, interrogé par l'AFP.

Le déploiement massif de policiers lourdement équipés, souvent d'armes de guerre, a exacerbé les tensions à Ferguson.

La mort de Michael Brown, en plein jour le 9 août dans des circonstances controversées alors qu'il n'était pas armé, a entraîné des émeutes dans cette ville de 21.000 habitants.

- Au moins six balles -

Au moins "six balles ont atteint" le jeune Noir, dont deux à la tête, a déclaré le médecin légiste mandaté par la famille qui n'a relevé "aucune trace" de lutte.

Pas moins de trois autopsies ont été demandées -- par les autorités locales, la famille et le ministre de la Justice -- pour tenter de faire la lumière sur les circonstances de la mort du jeune homme.

Car les versions de la police et de plusieurs témoins divergent. Pour les uns, Michael Brown aurait tenté de se saisir de l'arme du policier qui l'a abattu. Pour plusieurs témoins, dont l'ami de Michael Brown qui l'accompagnait, il avait les mains en l'air.

Selon le Washington Post, des traces de marijuana ont été relevées dans l'organisme de la victime.

Dans la nuit de dimanche à lundi, Ferguson avait connu sa pire nuit d'émeutes depuis la mort du jeune homme, incitant le gouverneur à mobiliser la Garde nationale.

Dimanche soir, les manifestations avaient dégénéré quelques heures avant le couvre-feu instauré pour la seconde nuit consécutive. Le quartier-général de la police avait en particulier été "la cible d'une attaque coordonnée".

La mort de Michael Brown a pris une dimension nationale et fait la une car elle a ravivé le spectre des émeutes raciales aux Etats-Unis.

Tout en soulignant qu'il entendait rester "prudent" sur le dossier tant que l'enquête était en cours, M. Obama a abordé la question des inégalités raciales aux Etats-Unis, jugeant qu'un long chemin restait à parcourir avec des communautés "qui se retrouvent souvent isolées, sans espoir et sans perspectives économiques".

"Dans de nombreuses communautés, les jeunes gens de couleur ont plus de chances de finir en prison ou devant un tribunal que d'accéder à l'université ou d'avoir un bon emploi", a-t-il souligné.

La mère du jeune homme, Leslie McSpadden, a estimé sur ABC que seule la "justice" ramènerait le calme.

Un porte-parole du procureur du comté de Saint-Louis a indiqué aux médias qu'un grand jury, chargé de décider s'il y a lieu de poursuivre le policier, devrait étudier l'affaire dès mercredi.

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