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Nouvelle dispersion de manifestants à Ferguson

19/08/2014 12:56 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

Les policiers ont une nouvelle fois dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser des manifestants lundi soir à Ferguson (Missouri), en proie à de violentes émeutes depuis qu'un policier a abattu un jeune Noir atteint par au moins six balles, dont une fatale à la tête.

Les agents, en équipement anti-émeute, encadrés par un véhicule blindé du SWAT et un hélicoptère, ont ordonné à plusieurs reprises aux personnes rassemblées de se disperser.

Ils ont ensuite tiré des grenades de gaz lacrymogène peu après 23h00 locales (04h00 GMT mardi), provoquant la dispersion de la foule - moins nombreuse que celle qui avait affronté la police dimanche.

Plus tôt lundi, des militaires de la Garde nationale ont été déployés pour épauler la police locale.

Grâce à ces renforts, aucun couvre-feu n'a été mis en place lundi, contrairement à samedi et dimanche, a expliqué le gouverneur Jay Nixon, soulignant la mission "limitée" des militaires, censés monter la garde autour du quartier général de la police.

En fin de journée, un journaliste de l'AFP a vu environ 200 agents de la Garde nationale arriver et s'équiper au QG. Des tireurs d'élite étaient postés sur les toits des commerces alentours.

"Ils sont censés protéger les Américains, mais ils font la guerre aux citoyens non armés", s'est emporté Ron Henry, un jeune Noir, interrogé par l'AFP.

Barack Obama, briefé par son ministre de la Justice Eric Holder lundi après-midi, a dit avoir recommandé au gouverneur une utilisation "limitée" de cette force.

"Je surveillerai dans les jours qui viennent qu'elle aide, plutôt qu'elle n'aggrave la situation", a-t-il prévenu, ajoutant que M. Holder se rendrait sur place mercredi.

Le déploiement massif de policiers lourdement équipés, souvent d'armes de guerre, a exacerbé les tensions plutôt que de les apaiser.

Le président a réitéré son appel à la "retenue", estimant que rien n'excusait "l'utilisation de la force excessive par la police".

Signe de la fébrilité ambiante: un photographe de l'agence Getty Images a été brièvement détenu par la police lundi soir.

La mort de Michael Brown le 9 août, dans des circonstances controversées alors qu'il n'était pas armé, a entraîné des émeutes dans cette ville de 21.000 habitants.

- Au moins six balles -

Au moins "six balles ont atteint (Michael Brown), et deux ont peut-être repénétré" dans le corps, a déclaré Michael M. Baden, légiste de renom mandaté par la famille.

Il n'a relevé aucun résidu de poudre sur le corps de la victime de 18 ans et "aucune trace" de lutte, les quelques abrasions sur le corps étant attribuées à la chute sur la route.

Pas moins de trois autopsies ont été demandées, l'une par les autorités locales, l'autre par la famille et une troisième par le ministre de la Justice pour tenter de faire la lumière sur les circonstances de la mort du jeune homme.

Car les versions de la police et de plusieurs témoins divergent. Pour les uns, Michael Brown aurait tenté de se saisir de l'arme de service du policier qui l'a abattu, une confrontation au cours de laquelle ce dernier aurait été blessé au visage. Pour plusieurs témoins, dont l'ami de Michael Brown qui l'accompagnait, il avait les mains en l'air.

Selon le Washington Post, des traces de marijuana ont été relevées dans l'organisme de la victime.

Mary Case, médecin légiste du comté chargée de l'une des autopsies, a simplement lâché au journal que Brown avait été atteint de plusieurs balles à la tête et à la poitrine.

Selon l'un des médecins légistes de la famille, la victime a été atteinte au sommet du crâne, au-dessus du sourcil droit et à quatre endroits au bras droit entre l'aisselle et la main. C'est la balle qui a frappé au sommet du crâne, "alors qu'il se penchait en avant", qui a été fatale.

Le ministère a indiqué en début de soirée que l'autopsie fédérale, "confiée à l'un des médecins légistes les plus expérimentés de l'armée américaine", était en cours.

- 'Attaque coordonnée' -

Dans la nuit de dimanche à lundi, Ferguson a connu sa pire nuit d'émeutes depuis la mort du jeune homme, incitant le gouverneur à mobiliser la Garde nationale.

Dimanche soir, les manifestations avaient dégénéré quelques heures avant le couvre-feu instauré pour la seconde nuit consécutive. Le quartier général de la police avait en particulier été "la cible d'une attaque coordonnée".

La mort de Michael Brown a pris une dimension nationale et fait la une car elle a ravivé le spectre du racisme aux Etats-Unis.

La mère du jeune homme, Leslie McSpadden, a estimé sur ABC que seule la "justice" ramènerait le calme.

Un porte-parole du procureur du comté de Saint-Louis a indiqué à des médias qu'un grand jury, chargé de décider s'il y a lieu de poursuivre le policier, devrait étudier l'affaire dès mercredi.

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