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Tirs de roquettes de Gaza durant la trêve, Israël annonce une riposte

19/08/2014 09:33 EDT | Actualisé 19/10/2014 05:12 EDT
THOMAS COEX via Getty Images
Palestinians look out of a window frame in their destroyed neighbourhood in the northern Gaza Strip city of Beit Hanun, on August 18, 2014. Prime Minister Benjamin Netanyahu warned that Israel will hit back hard if Palestinian rocket attacks from Gaza resume, speaking just hours before the midnight expiry of a five-day ceasefire. AFP PHOTO / THOMAS COEX (Photo credit should read THOMAS COEX/AFP/Getty Images)

Les hostilités menaçaient de repartir mardi dans la bande de Gaza après la reprise des tirs de roquettes palestiniennes et des frappes de représailles israéliennes, au moment même où les deux belligérants négociaient la prolongation d'un cessez-le-feu.

Ces tirs et ces frappes sont les premiers actes de guerre depuis la nuit du 13 au 14 août, quand les deux belligérants s'étaient livrés à une brève démonstration de force. Mais le cessez-le-feu instauré le 11 août avait globalement été respecté depuis cette date.

On ignore dans un premier temps si les tirs et les raids de mardi représentent un accès de fièvre temporaire ou s'ils annoncent une reprise dans toute leur intensité de combats qui ont tué plus de 2 000 Palestiniens et près de 70 Israéliens depuis le 8 juillet.

Mais ils ont conduit Israël à rappeler ses émissaires dépêchés au Caire pour négocier avec les Palestiniens la prolongation d'un cessez-le-feu censé expirer ce mardi à minuit.

Trois roquettes tirées de Gaza ont visé le sud d'Israël dans l'après-midi et sont tombées dans des zones non-habitées près de Beersheva, à une quarantaine de kilomètres de Gaza, a indiqué l'armée.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a aussitôt ordonné à l'armée de riposter et "de frapper les cibles terroristes à Gaza", a dit un responsable.

Aussitôt, l'armée a frappé dans les environs de Beit Lahiya, dans le nord de la bande de Gaza, selon les témoins et les forces de sécurité palestiniens.

- Gaza retient son souffle -

Aucune victime n'a été rapportée dans un premier temps de part et d'autre.

Simultanément, Israël a fait rentrer ses délégués au Caire qui tentaient de s'entendre avec les Palestiniens par l'entremise des Egyptiens sur la transformation du cessez-le-feu en trêve durable.

Lundi soir, les deux camps s'étaient accordés in extremis, à la demande des Egyptiens, pour prolonger de 24 heures jusqu'à mardi minuit la trêve en cours. Leurs discussions avaient repris mardi avant les tirs des roquettes.

L'enclave côtière palestinienne, où des dizaines de milliers de maisons ont été écrasées sous les bombes et où des milliers de familles survivent désormais dans des conditions extrêmement précaires, retient son souffle à chaque nouvelle expiration d'une trêve.

Les armes ont recommencé à parler alors que rien n'indiquait que les discussions du Caire puissent produire non plus une pause limitée, mais une trêve durable entre des parties aux exigences apparemment inconciliables.

Les Palestiniens -représentés au Caire par une délégation comptant des responsables du Hamas, du Jihad islamique et de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) qui chapeaute l'Autorité palestinienne- ont affirmé maintes fois qu'ils ne signeraient aucun accord qui ne prévoirait pas une levée du blocus israélien de Gaza.

- Retour de l'Autorité palestinienne -

Les Israéliens font eux de la démilitarisation de l'enclave une condition sine qua non.

Une proposition soumise par l'Egypte préconise un accord sur les points les moins sensibles. Ainsi, la zone de pêche des Gazaouis serait élargie de trois à 12 miles nautiques, les points de passage seraient rouverts, les zones tampons à l'intérieur du territoire disparaîtraient et Israël aiderait à l'aide humanitaire et aux réparations.

La clé de cet accord reposerait sur un point: la gestion de la sécurité et des futures discussions serait confiée à l'Autorité palestinienne, derrière laquelle le Hamas -qui a pris le contrôle de Gaza en 2007 par la force- s'effacerait.

Israël affirme régulièrement ne vouloir discuter qu'avec l'Autorité palestinienne. Les rivaux historiques, Hamas et OLP, ont récemment signé un accord de réconciliation et formé un gouvernement d'union. Si l'offre égyptienne était acceptée et mise en oeuvre, elle signifierait dans les faits le retour de l'Autorité palestinienne à Gaza.

Son président, Mahmoud Abbas, devait rencontrer mercredi à Doha l'émir du Qatar, grand allié du Hamas, et Khaled Mechaal, le chef en exil du Hamas.

- Port, aéroport, pomme de discorde -

Des sujets aussi épineux que l'ouverture d'un port et d'un aéroport, à laquelle les Israéliens sont opposés, ou la restitution des corps de deux soldats israéliens morts en échange de la libération de détenus palestiniens, seraient, eux, remis à dans un mois.

Une source palestinienne proche des négociations a affirmé à l'AFP que "les négociations avaient échoué lundi soir parce que les Israéliens avaient refusé d'inclure le port et l'aéroport dans l'accord".

"Les Egyptiens ont alors ajouté la clause prévoyant un report des discussions à ce sujet pour éviter qu'Israël ne ressorte le dossier des armes et des roquettes", a-t-elle ajouté.

Israël "joue la montre", a accusé le porte-parole du Hamas Sami Abou Zouhri, affirmant à l'AFP que "le Hamas est prêt à faire face à toutes les possibilités", tandis que Daoud Chihab, porte-parole du Jihad islamique, a prévenu que "l'intransigeance israélienne force les Palestiniens et la 'résistance' à faire valoir leur droit à se défendre".

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