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«Yves Saint Laurent»: Charlotte Le Bon, victime de la mode (ENTREVUE)

18/08/2014 12:58 EDT | Actualisé 18/08/2014 12:58 EDT
Les Films Séville

Pendant que Pierre Niney interprète jusque dans la voix et les gestes le légendaire couturier dans Yves Saint Laurent le biopic signé Jalil Lespert, Charlotte Le Bon joue sa muse. Premier rôle de composition pour l’actrice québécoise qui nous raconte son expérience. Entrevue.

L’ex-Miss Météo du Grand Journal de Canal + a fait un sacré bout de chemin. Charlotte Le Bon évolue aujourd’hui dans le monde du 7e art comme un poisson dans l’eau. Depuis 2012, elle possède déjà une dizaine de films au compteur, et l'aventure n’est pas fini.

Il y a deux semaines, sortait sur les écrans Le voyage de cent pas, sa première fois dans un film américain, et qui plus est, produit par les bonzes hollywoodiens Oprah Winfrey et Steven Spielberg. Et maintenant, c’est au tour d’Yves Saint Laurent du Français Jalil Lespert où elle brille de mille feux.

«Oui, j’ai beaucoup de projets en ce moment, lance Charlotte Le Bon avec son large sourire et ses yeux pétillants. Mais je n’ai pas vraiment de plan de carrière. J’y vais surtout à l’instinct.»

Pour Yves Saint Laurent, elle campe Victoire Doutreleau, top model égérie du créateur. Un rôle qu’elle a décroché sans avoir à passer de casting. «J’ai rencontré le réalisateur deux fois avant de savoir qu’il m’avait choisi. J’ai trouvé cela flatteur que l’on me propose d’incarner la muse d’Yves Saint Laurent. Cette icône de beauté était une source de création pour l’un des plus grands génies de la mode.»

Un personnage intimidant

L’actrice de 27 ans concède avoir eu plusieurs craintes de ne pas pouvoir restituer la forte personnalité de Victoire. «J’ai respecté certains critères, affirme-t-elle. Victoire était mince, alors je me suis imposé une perte de poids. Je me suis aussi mise à la cigarette, car elle fumait beaucoup. Hormis ces aspects physiques, je restais très impressionnée. Elle a quand même redéfini la silhouette féminine. Elle fut la première à porter des pantalons. C'était une féministe avant l'heure!»

Le Bon raconte qu’elle a essayé de prendre contact avec la femme encore vivante. «J’ai essayé de lui parler, mais on n’a jamais pu se voir. Elle disait qu’elle était toujours occupée, mais je crois qu’elle ne voulait pas retourner dans ce passé particulier et compliqué où elle s’est retrouvée coincée entre Yves Saint Laurent qui voulait l’épouser et Pierre Bergé, l’amant et compagnon du styliste», raconte-t-elle.

À défaut de s’inspirer de la muse, l’actrice est allée puiser dans sa propre expérience de mannequin. «J’ai appris à avoir une meilleure connaissance de mon corps ou comment bouger dans un espace. Mais l’époque des années 1950-1960 était différente pour les femmes. L’industrie était beaucoup plus artisanale. Les vêtements étaient créés directement sur leur corps. Les choses ont bien changé», dit-elle.

L’actrice garde d’ailleurs un souvenir du mannequinat plutôt mitigé. «En fait, j’ai détesté faire ce métier. Pendant huit ans, je n’ai jamais réussi à me faire des amis dans le milieu. Je ne regrette pas de l’avoir fait, mais il faut savoir que le quotidien d’une mannequin se résume souvent à du narcissisme et de la solitude», conclut-elle.

Néanmoins, la mode demeure selon elle un univers unique, surtout lorsqu’il permet de faire jaillir le talent comme celui d’Yves Saint Laurent. «Ses collections, en particulier celles qui rendent hommage à Shakespeare, Cocteau ou Apollinaire sont magnifiques. Sa signature est décomplexée. Saint Laurent a réussi à faire de la mode un art à part entière», conclut-elle.

Yves Saint Laurent – Les Films Séville – Drame biographique – 100 minutes – Avec Pierre Niney, Guillaume Gallienne, Charlotte Le Bon, Laura Smet, Marie de Villepin, Nikolai Kinski – Sortie en salles le 15 août 2014 – France.

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