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Soudan du Sud: une radio fermée, un journaliste arrêté pour avoir rapporté les opinions rebelles

18/08/2014 07:44 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

Les forces de sécurité sud-soudanaises ont contraint samedi une radio indépendante à cesser d'émettre et arrêté l'un de ses journalistes, après la diffusion du point de vue des rebelles qui affrontent les forces gouvernementales, a annoncé lundi la radio.

La radio Bakhita, qui fait partie d'un réseau de stations communautaires géré par l'Eglise catholique, "est toujours fermée" et "son rédacteur en chef Ocen David Nicholas détenu pour avoir équilibré un article sur de nouveaux combats" entre l'armée fidèle au président Salva Kiir et les troupes de son ancien vice-président Riek Machar, selon un communiqué publié sur le site internet de la station.

Albino Tokwaro, le directeur de la radio - l'une des plus écoutées dans la capitale sud-soudanaise Juba - a écrit une lettre d'excuse aux forces de sécurité "pour avoir diffusé le point de vue de l'opposition", afin de permettre la libération de son journaliste, en vain, selon Bakhita.

Début août, Amnesty International et Human Rights Watch avaient accusé les autorités sud-soudanaises de harceler et d'intimider les journalistes, instillant une "atmosphère de peur" visant à étouffer le débat sur le conflit qui fait rage depuis mi-décembre.

Des milliers, voire des dizaines de milliers de personnes, ont été tuées dans les combats, les massacres et atrocités sur des bases ethniques qui les accompagnent, et plus de 1,5 million chassées de chez elles.

Les organisations humanitaires ont mis en garde contre les risques de famine en cas de poursuite des combats entre troupes gouvernementales et soldats mutins, auxquels se sont greffées des milices tribales plus ou moins autonomes.

Le conflit a éclaté le 15 décembre 2013 au sein de l'armée, minée par des antagonismes politico-ethniques exacerbés par la rivalité entre Salva Kiir et Riek Machar à la tête du régime.

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