NOUVELLES

RDC: l'ex-rébellion M23 accuse l'armée d'avoir exécuté dix prisonniers de guerre

18/08/2014 05:24 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

L'ex-rébellion congolaise Mouvement du 23 mars (M23) a accusé lundi l'armée d'avoir exécuté entre juillet et août dix militaires qui avaient été arrêtés sur soupçons de collaboration avec le M23, une affirmation démentie par le gouvernement.

"Nous sommes totalement affligés, consternés, frustrés" d'apprendre "l'exécution sommaire des prisonniers de guerre par le service des renseignements militaires de la RDC à Kinshasa (...) entre les mois de juillet et d'août 2014", affirme Bertrand Bisimwa, président politique du M23, dans un communiqué.

Ils faisaient partie d'une "centaine de militaires" arrêtés au Nord-Kivu (est) "entre mai 2012 et août 2013 pour des simples soupçons d'appartenance" au M23, et qui ont ensuite subi "d'atroces tortures et traitements dégradants" dans des "cachots (...) des services des renseignements militaires", selon le M23.

Le texte donne la liste de dix personnes présentées comme des ex-membres du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), une rébellion qui a signé un accord de paix en 2009 avec le gouvernement.

Après cet accord, ils avaient comme prévu intégré l'armée mais d'autres points n'ont, selon les ex-CNDP, jamais été pleinement appliqués et, en mai 2012 dans le Nord-Kivu, ils ont repris les armes et formé le M23.

Interrogé par l'AFP, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende a "totalement" démenti les accusations, affirmant que l'on "n'exécute plus les gens au Congo". "Si des membres du gouvernement ou de l'armée ont commis des actes répréhensibles, la justice militaire et civile est disponible", a-t-il cependant assuré.

L'ex-rébellion a appelé la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) à faire "toute la lumière" sur cette affaire.

D'après des experts de l'ONU, le M23, défait en novembre dernier, était soutenu par le Rwanda et l'Ouganda, voisins de la RDC. Au terme des déclarations de paix signées fin décembre à Nairobi, Kinshasa devait notamment élaborer une loi d'amnistie.

La semaine dernière, le M23 a affirmé que seuls "31 membres du M23" ont été officiellement amnistiés sur plus de 3.600 signataires de l'acte d'engagement à ne pas récidiver, et que des "dizaines" de membres du M23 ont été arrêtés en RDC après avoir signé l'acte et être rentrés au pays.

hab/mbb/cgu/tmo

PLUS:hp