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Libéria: des patients possiblement infectés par l'Ebola qui ont fui une clinique sont revenus

18/08/2014 09:29 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT
ZOOM DOSSO/AFP/Getty Images
A picture taken on July 24, 2014 shows staff of the Christian charity Samaritan's Purse putting on protective gear in the ELWA hospital in the Liberian capital Monrovia. An American doctor battling West Africa's Ebola epidemic has himself fallen sick with the disease in Liberia, Samaritan's Purse said on July 27. AFP PHOTO / ZOOM DOSSO (Photo credit should read ZOOM DOSSO/AFP/Getty Images)

MONROVIA, Libéria - Les autorités tentaient lundi de retracer 17 patients possiblement infectés par le virus d'Ebola qui se sont enfuis d'un centre de quarantaine dans un bidonville du Libéria.

Le centre a été attaqué et pillé samedi par des résidants furieux que des patients provenant d'autres secteurs de la capitale, Monrovia, soient amenés à cet endroit.

Dans la foulée de cette attaque, la police avait été déployée lundi autour d'au moins un autre centre de Monrovia.

Trente-sept personnes possiblement infectées se sont enfuies pendant l'attaque, et plusieurs sont rentrées chez elles, a dit le ministre de l'Information Lewis Brown. À ce jour, 20 ont été ramenées à deux hôpitaux de la capitale et les responsables essaient de retracer les autres.

Aucun de ces patients ne souffre officiellement de l'Ebola et les tests se poursuivent, a dit le ministre adjoint de la Santé, Tolbert Nyenswah.

Les pillards ont emporté des draps et des matelas souillés de sang, et possiblement infectés, et les responsables craignent que l'attaque n'aide à la propagation du virus dans un bidonville où s'entassent quelque 50 000 personnes. Le virus d'Ebola se propage par contact avec les fluides corporels d'une personne infectée.

Les autorités ont dû combattre de nombreux mythes concernant l'épidémie, notamment des rumeurs de faux remèdes, les craintes que les médecins occidentaux venus combattre l'Ebola n'en soient la cause et une mauvaise compréhension du mécanisme de transmission de la maladie. Les malades semblent maintenant plus prêts à fréquenter les centres de traitement, et certains peinent même à répondre à la demande.

«Il est important de comprendre que les gens qui s'étaient rendus à ce centre y étaient venus volontairement, a dit le ministre Brown. Ils ont été chassés par la force, pas parce qu'ils voulaient s'en aller, donc nous sommes certains qu'ils reviendront.»

Les autorités peinent à freiner la propagation d'une épidémie qui a déjà fait au moins 1145 morts et plus de 2000 malades en Guinée, au Libéria, au Nigeria et en Sierra Leone.

Par ailleurs, l'Organisation mondiale de la Santé demande aux pays touchés par l'épidémie de surveiller de près tous les passagers qui quittent leur territoire par voie aérienne, maritime ou terrestre. L'OMS dit que toute personne qui présente des symptômes correspondant à ceux de l'Ebola devrait être interdite de voyage, sauf dans le cas d'une évacuation médicale.

L'OMS a dit par voie de communiqué que même les pays qui ne sont pas touchés devraient renforcer leur capacité à détecter et à isoler immédiatement les nouvelles infections, sans pour autant interférer inutilement avec les déplacements ou les échanges commerciaux internationaux.

Enfin, une Nigériane qui est décédée après être arrivée par avion à Abou Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, avait possiblement été infectée par l'Ebola.

Les autorités émiriennes ont expliqué que la femme de 35 ans se rendait en Inde, depuis le Nigeria, pour être soignée pour un cancer grave. Son état de santé s'est détériorée lors d'une escale à Abou Dhabi et des signes d'une infection possible à l'Ebola ont été détectés. Les lignes directrices de l'Organisation mondiale de la Santé lors de telles situations ont été respectées.

Le mari de la femme, qui était le seul assis avec elle à bord de l'avion, et cinq ambulanciers ont été placés en quarantaine, et tous semblent pour le moment être en bonne santé.