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Les rebelles ukrainiens auraient tiré sur un convoi de civils

18/08/2014 07:47 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Des «dizaines» de civils ont été tués lundi quand des rebelles ont bombardé un convoi de réfugiés qui essayaient d'échapper aux violences dans l'est de l'Ukraine, a affirmé un dirigeant ukrainien.

Le colonel Andriy Lysenko, le porte-parole du Conseil national de sécurité ukrainien, a déclaré aux journalistes lundi qu'il ne dispose pas d'un bilan précis, mais que l'attaque a fait des dizaines de morts, dont de nombreux enfants.

Le chef des rebelles de Donetsk, Alexander Zakharchenko, a plus tard déclaré aux journalistes qu'aucune attaque ne s'est produite. Son adjoint, Andrei Purgin, a dit ne rien savoir d'une attaque, tout en insistant que ses forces n'y sont pour rien.

«Si quelqu'un a été tué, ce n'est pas par nous mais par les militaires ukrainiens», a-t-il dit à l'Associated Press.

M. Purgin affirme ne pas avoir plus de détails, mais prétend que le lieu mentionné par Kiev se trouve le long d'une route précédemment attaquée par les forces gouvernementales.

L'attaque se serait produite entre les villes de Novosvitlivka et de Khryashchuvate, le long de la principale autoroute entre le bastion rebelle de Lougansk et la Russie.

«Plusieurs personnes ont été tuées, dont des femmes et des enfants, a dit M. Lysenko. Nous ne sommes pas en mesure d'établir un bilan en ce moment.» Quand les journalistes ont insisté, il a évoqué des «dizaines» de morts.

Cette route est vraisemblablement celle qu'emprunterait le convoi d'aide russe, si jamais on lui permet d'entrer en Ukraine possiblement pour se rendre à Lougansk, une ville assiégée qui aurait grandement besoin d'aide.

Les résidants de Lougansk sont privés d'eau potable, d'électricité et de service téléphonique depuis 16 jours. Les biens essentiels se font rares, ce qui mène à de longues files devant les commerces. Les responsables municipaux ont dit lundi que les combats se poursuivent dans et autour de la ville.

Le Comité international de la Croix-Rouge, qui doit être responsable du convoi en sol ukrainien, a demandé des garanties de sécurité à tous les belligérants, y compris aux rebelles. Rien ne permettait de croire, en milieu de journée lundi, que ces garanties avaient été obtenues.

Le ministre russe des Affaires étrangères avait déclaré, plus tôt pendant la journée, qu'il s'attendait à ce que le convoi d'aide puisse entrer en Ukraine sous peu.

S'exprimant depuis Berlin, le ministre Sergeï Lavrov a déclaré lundi que toutes les questions entourant le convoi ont été réglées et qu'une entente est intervenue entre la Croix-Rouge et l'Ukraine. On ne sait pas si M. Lavrov faisait référence aux garanties de sécurité.

L'Ukraine et les puissances occidentales craignent que la Russie ne profite de ce convoi pour fournir des armes aux insurgés, qui perdent de plus en plus de terrain face aux forces gouvernementales.

Les violences qui secouent l'est de l'Ukraine ont chassé près de 344 000 personnes de chez elles, selon des données publiées vendredi par les Nations unies. L'ONU précise que 155 800 personnes sont restées en Ukraine tandis que 188 000 autres sont parties pour la Russie.

Une autre agence onusienne révèle que 22 000 personnes ont fui le bastion rebelle de Donetsk la semaine dernière, comparativement à 6200 la semaine précédente. Des responsables locaux affirment de leur côté que 300 000 du million d'habitants de Donetsk sont partis, tandis que Lougansk n'aurait plus que 250 000 de ses 420 000 citoyens.

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