NOUVELLES

Le pape complète sa visite en Corée du Sud avec un appel à la paix

18/08/2014 07:33 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

SÉOUL, Corée du Sud - Le pape François a complété lundi sa première visite en Asie en demandant aux deux Corées de rejeter «l'attitude de méfiance et de confrontation» qui pèse sur leurs relations pour trouver de nouveaux moyens d'en arriver à la paix sur une péninsule encore divisée par la guerre.

Avant de prendre l'avion pour rentrer à Rome, le pape a célébré une messe de réconciliation à la principale cathédrale de Séoul, en présence de la présidente sud-coréenne Park Geun-hye et de certains transfuges nord-coréens.

Il s'agissait du dernier événement d'un voyage de cinq jours qui a confirmé l'importance de l'Asie aux yeux de ce pontificat en particulier et de l'Église catholique en général, à une époque où l'Église est en pleine expansion en Asie pendant qu'elle ne cesse de perdre du terrain en Europe et ailleurs.

Le pape François a lancé son appel à la paix au moment où les États-Unis et la Corée du Sud entamaient des exercices militaires conjoints qui, selon la Corée du Nord, mèneront à «une attaque anticipée sans pitié contre les alliés».

Lors d'un moment touchant au début de la cérémonie de lundi, le pape s'est incliné pour saluer sept femmes, dont plusieurs assises dans des fauteuils roulants, qui ont été réduites en esclavage sexuel par l'armée japonaise pendant la Deuxième Guerre mondiale. L'un d'elles lui a remis une broche en forme de papillon — le symbole du sort de ces «femmes de confort» — que le pape a immédiatement épinglée à ses vêtements et portée pendant toute la messe.

Le pape a profité de son homélie pour lancer que la réconciliation passe obligatoirement par le pardon, même si cela peut parfois sembler «impossible, peu pratique et même dégoûtant».

«Prions donc pour de nouvelles occasions de dialogue, de rencontre et de résolution de nos différends, pour la poursuite de notre générosité quand vient le temps d'offrir une aide humanitaire à ceux dans le besoin, et pour une reconnaissance encore plus grande que tous les Coréens sont frères et soeurs, les membres d'une même famille et d'un même peuple», a-t-il dit.

Le pape a profité de son voyage pour tendre la main à la Chine, à la Corée du Nord et à plusieurs autres pays qui n'entretiennent pas de relations avec le Saint-Siège.

Le pape se rendra aux Philippines en janvier, puis au Sri Lanka.

Avant la messe, le cardinal de Séoul, Andrew Yeom Soo-jung, a remis au pape une «couronne d'épines» tressée de barbelés pris de la zone démilitarisée fortifiée qui sépare les deux pays.

Lors de son homélie, le pape a déclaré que le peuple coréen connaît bien la douleur de la séparation et du conflit, et leur a demandé de réfléchir comment, individuellement et collectivement, ils pourraient contribuer à la réconciliation.

Il les a mis au défi de «rejeter fermement une attitude façonnée par la méfiance, la confrontation et la compétition, pour plutôt façonner un avenir sur la base des enseignements de l'Évangile et des valeurs traditionnelles les plus nobles du peuple coréen».

PLUS:pc