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La Garde nationale doit agir de façon limitée à Ferguson, dit le président Obama

18/08/2014 06:12 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

FERGUSON, États-Unis - Le gouverneur du Missouri, Jay Nixon, a ordonné lundi à la Garde nationale de se déployer dans les rues d'une banlieue de Saint-Louis qui est toujours en proie à la violence, neuf jours après qu'un policier blanc eut tué par balle un adolescent noir non armé.

Le président américain Barack Obama dépêche le procureur général Eric Holder à Ferguson pour rencontrer les autorités du FBI et d'autres responsables menant une enquête fédérale indépendante sur la mort de Michael Brown.

M. Obama a dit avoir aussi signifié au gouverneur qu'il voulait avoir l'assurance d'une utilisation restreinte de la Garde nationale pour calmer les tensions, et qu'il évaluerait dans les prochains jours si l'implication de la force militaire aidait ou nuisait à la situation dans la localité.

À la Maison-Blanche, M. Obama a déclaré lundi que M. Holder se rendrait dans la banlieue de St. Louis mercredi. Le président américain a exprimé sa sympathie à l'égard de la colère suscitée par la mort de Michael Brown, mais a ajouté que de la manifester par du pillage et des attaques contre la police ne faisait qu'attiser les tensions et accroître le chaos.

Le gouverneur avait dit plus tôt que la présence de la Garde nationale devait aider à rétablir la paix et l'ordre à Ferguson. Le gouverneur a toutefois aussi levé lundi le couvre-feu qui prévalait de minuit à cinq heures du matin les deux nuits précédentes.

La police demandait tout de même aux manifestants de circuler, lundi après-midi, disant qu'une ordonnance de la patrouille de l'État les empêchait de rester attroupés à un même endroit. Les agents disaient que l'intention n'était pas de disperser les manifestants.

La police a eu recours à des gaz lacrymogènes pour disperser la foule dans la nuit de dimanche à lundi, bien avant l'échéance du couvre-feu. Les policiers disent avoir répliqué à des coups de feu, à des actes de pillage et de vandalisme, et à des manifestants armés de bombes incendiaires.

M. Nixon a parlé d'activistes parmi le groupe avec des «intentions criminelles violentes cherchant à terroriser la communauté».

Une première autopsie préliminaire commandée par la famille affirme par ailleurs que Michael Brown a été atteint d'au moins six balles, dont deux à la tête. Le pathologiste embauché par la famille a affirmé lundi que le jeune homme avait eu une blessure par balle à son bras droit qui pourrait indiquer que ses mains étaient levées ou qu'il tournait le dos au tireur, ajoutant que d'autres éléments devaient encore être pris en compte.

Le pathologiste médico-légal Shawn Parcells, qui a assisté l'ancien médecin légiste en chef de New York, le docteur Michael Baden, durant l'autopsie privée, a affirmé qu'une blessure par balle de faible incidence au bras droit de Michael Brown peut avoir été infligée de différentes façons. Il a indiqué que le jeune homme pourrait avoir eu le dos tourné, ou avoir fait face au tireur avec ses mains au-dessus de sa tête ou dans une position défensive.

«Nous l'ignorons, a dit M. Parcells. Nous devons encore nous pencher sur les autres (éléments) de cette enquête avant de commencer à mettre les pièces ensemble.»

La mort de Michael Brown a mis le feu aux poudres entre les résidants de Ferguson, qui sont majoritairement Noirs, et une force policière essentiellement blanche.

Une manifestation pacifique organisée dimanche soir a rapidement tourné à la violence, et au moins deux personnes ont été blessées par des balles tirées par des civils.

«Ces gestes violents nuisent à la famille de Michael Brown et à son souvenir et aux gens de cette communauté qui demandent que justice soit faite et de se sentir en sécurité chez eux», a dit le gouverneur Nixon.

Les autorités affirment que M. Brown a été tué après avoir bousculé un policier et tenté de lui arracher son arme. D'autres témoins prétendent que la victime ne faisait que déambuler pacifiquement dans la rue quand il a été apostrophé par les policiers.

Un grand jury pourrait commencer à examiner la preuve, mercredi, pour déterminer si l'agent, Darren Wilson, devrait être accusé relativement à la mort de Michael Brown, mais on ignore combien de temps pourraient durer les procédures, a dit Ed Magee, porte-parole de l'avocat de la poursuite pour le comté de St. Louis.

L'avocat de la famille Benjamin Crump a affirmé que les parents du jeune homme souhaitaient une autopsie additionnelle étant donné leur crainte que l'examen de la localité soit biaisé. Me Crump a refusé de remettre des exemplaires du rapport privé, et le rapport d'autopsie de la municipalité n'a pas encore été dévoilé.

Les «circonstances extraordinaires» de la mort de M. Brown et une demande formulée par sa famille ont incité le département fédéral de la Justice à organiser une nouvelle autopsie, qui aura lieu dès que possible.

«Ils ne pouvaient pas se fier à ce qui allait ressortir des rapports sur l'exécution tragique de leur enfant», a déclaré Me Crump, lundi, en conférence de presse, aux côtés de M. Parcells et de M. Baden, qui a témoigné dans plusieurs affaires majeures, incluant le procès pour meurtre de O.J. Simpson.

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