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Iran: 3 journalistes arrêtés sont détenus pour une affaire liée à la sécurité (justice)

18/08/2014 10:15 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

Trois journalistes iraniens arrêtés fin juillet en Iran, dont deux possèdent également la nationalité américaine, sont détenus dans le cadre d'une affaire liée à la sécurité de la République islamique, a indiqué lundi un responsable de la Justice à Téhéran.

Jason Rezaian, correspondant du Washington Post à Téhéran depuis 2012, son épouse Yeganeh Salehi, également journaliste, ainsi qu'une photographe de presse irano-américaine ont été arrêtés le 22 juillet. Une quatrième personne, arrêtée en même temps, a depuis été libérée.

M. Rezaian possède les nationalités américaine et iranienne. Son épouse, qui travaille pour le quotidien The National basé aux Emirats arabes unis, est iranienne et avait déposé une demande de résidence permanente aux Etats-Unis.

La photographe, dont la famille a demandé à ce que son identité ne soit pas révélée, a également la double nationalité irano-américaine.

"Trois personnes ont été arrêtées dans cette affaire. Il ne s'agit pas d'une affaire financière mais sécuritaire", a déclaré le porte-parole de la justice et procureur général du pays, Gholamhossein Mohseni-Ejeie, cité par l'agence Isna.

"Conformément à la loi, je ne peux pas dévoiler les détails du dossier et les charges (qui pèsent) contre les accusés", a-t-il dit, soulignant que l'enquête sur cette affaire était au stade "préliminaire".

C'est la première fois qu'un responsable judiciaire évoque la nature "sécuritaire" de l'arrestation des journalistes. Le porte-parole de la Justice de Téhéran, Gholamhossein Esmaïli, avait toutefois évoqué fin juillet les "activités des ennemis (de l'Iran) et de leurs agents" en parlant de ces arrestations.

Les Etats-Unis, qui n'ont plus de relations diplomatiques avec Téhéran depuis la Révolution islamique de 1979, ont demandé la libération des journalistes, de même que le quotidien américain, des associations de défense des journalistes et l'ONU.

Mais l'Iran, qui ne reconnaît pas le principe de double nationalité, estime que ces arrestations sont une affaire intérieure.

Selon des observateurs étrangers interrogés par l'AFP, ces arrestations pourraient faire partie des luttes d'influence au sein du régime iranien entre les conservateurs, qui contrôlent l'appareil judiciaire et les services de sécurité, et le président Hassan Rohani, considéré comme un modéré.

Celui-ci, élu en juin 2013, prône davantage de libertés culturelles et sociales pour les Iraniens et souhaite améliorer les relations de l'Iran avec le monde, notamment les Etats-Unis, ennemi historique de la République islamique d'Iran.

Certains observateurs craignent également que ces arrestations ne perturbent les difficiles négociations nucléaires entre Téhéran et les grandes puissances, dont Washington, qui doivent reprendre en septembre.

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