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Campagne contre le pot: Trudeau n'est pas visé, assure Rona Ambrose

18/08/2014 02:33 EDT | Actualisé 18/10/2014 05:12 EDT

OTTAWA - La ministre fédérale de la Santé, Rona Ambrose, nie que la campagne gouvernementale de mise en garde contre la marijuana vise Justin Trudeau.

Au cours d'une conférence de presse donnée lundi en marge du congrès annuel de l'Association médicale canadienne (AMC), à Ottawa, Mme Ambrose a assuré que le fait de dire aux jeunes de ne pas consommer de cannabis ne constituait pas une attaque de Santé Canada contre le chef libéral.

La ministre martèle plutôt que le message découle d'une politique publique soutenue par des preuves scientifiques. Que la marijuana soit légale ou non, les risques pour la santé des jeunes demeurent les mêmes, et il y a donc matière à s'inquiéter, croit-elle. Selon la ministre, c'est M. Trudeau qui aurait donné une dimension politique à cette question.

Le chef libéral a effectué une sortie contre les conservateurs, la semaine dernière, à la suite d'informations voulant que Santé Canada ait approché trois regroupements de médecins pour participer à une campagne contre la marijuana ciblant les jeunes. Les trois groupes ont refusé de participer, indiquant que cette affaire était devenue une «joute politique partisane».

M. Trudeau a laissé entendre que le geste constituait une attaque contre lui et son appui à la légalisation du cannabis. La campagne en question a été annoncée après que plusieurs ministres conservateurs, dont Peter MacKay et Julian Fantino, attaquent la position du chef libéral. Pour M. Trudeau, les contribuables canadiens sont «de plus en plus frustrés» par le fait que le gouvernement ait tendance à utiliser des fonds publics pour des publicités «qui ont davantage l'apparence de visées partisanes qu'à un véritable service public».

La ministre Ambrose nie que le gouvernement se concentre sur la marijuana plutôt que sur l'alcool, catégorisé par des études comme étant plus nocif pour les jeunes Canadiens.

«Il y a beaucoup de campagnes sur les abus de substances (...) que ce soit l'alcool ou les drogues», a-t-elle dit. «Ce sont tous des sujets suscitant des inquiétudes sur lesquels Santé Canada et les agences de santé publique travaillent depuis longtemps, et sur lesquels ils continueront de travailler.»

De son côté, l'AMC a déclaré que les médecins canadiens se trouvaient dans une position «intenable» dans le dossier de la marijuana médicale. Louis Hugo Francescutti, président sortant de l'organisation, a récemment laissé entendre que plusieurs patients demandent de la marijuana thérapeutique à des fins strictement «récréatives».

Lundi, il a plutôt plaidé que le cannabis n'avait pas fait l'objet des mêmes types d'essais cliniques que les autres médicaments, ce qui rend les médecins inconfortables.

«Tout médecin qui se respecte veut s'assurer que s'il prescrit 81 milligrammes d'aspirine, il obtiendra 81 milligrammes d'aspirine (...) dont nous connaissons les bienfaits et les effets secondaires», a-t-il ajouté, avant de réclamer des études accélérées sur la marijuana médicale.

«Nous n'en sommes vraiment pas là avec le cannabis.»

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