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Ukraine: l'armée entre en force à Lougansk, mais perd un chasseur

17/08/2014 11:55 EDT | Actualisé 17/10/2014 05:12 EDT

KIEV, Ukraine - Les forces gouvernementales sont entrées dans une ville de l'Est ukrainien sous contrôle rebelle, dans ce qui pourrait être un tournant majeur du conflit en cours depuis quatre mois, a annoncé dimanche le gouvernement de Kiev.

Cependant, l'armée a reconnu que l'un de ses avions de combat avait été abattu par les séparatistes prorusses, qui demeurent confiants en leur capacité de poursuivre les combats. Ils se sont aussi vantés d'avoir reçu de l'aide de la Russie.

Un journaliste de l'Associated Press a aperçu plusieurs dizaines de poids lourds, incluant des chars et au moins un lance-roquette, s'amenant en territoire détenu par les rebelles, au sud-est de Louhansk, dimanche. On ignorait si le contingent provenait du territoire russe.

Des discussions à Berlin entre les ministres des Affaires étrangères de la Russie, de l'Ukraine, de l'Allemagne et de la France, visant à trouver une solution politique pour mettre fin au conflit, se sont conclues sans résultats substantiels. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter-Steinmeier, a parlé d'échanges «francs» et d'avancées sur «certains enjeux», sans donner plus de détails.

Le Conseil national de sécurité ukrainien a fait savoir que les forces gouvernementales s'étaient emparées d'un poste de police à Lougansk, samedi, après de violents heurts dans le quartier de Velika Vergunka. Plusieurs semaines de combat ont eu un important impact sur cette ville, qui se trouverait au bord de la catastrophe humanitaire, ont fait savoir les autorités municipales. Le siège mis en place par les troupes nationales a réduit l'entrée des provisions comme peau de chagrin, en plus d'entraîner la coupure des services d'aqueduc et d'électricité.

Bien que les forces rebelles aient constamment cédé du territoire au cours des dernières semaines, elles démontrent toujours de formidables capacités militaires. Selon le porte-parole de l'armée Aleksi Dmitrashkovski, les séparatistes ont détruit un chasseur ukrainien au-dessus de la région de Lougansk après que celui-ci eut lancé une attaque contre les rebelles. Le pilote s'est éjecté et a été emmené en lieu sûr, a-t-il précisé. Cette information a cependant été quelque peu contredite plus tard par un autre porte-parole, qui a en fait indiqué que l'état du pilote était toujours évalué.

Une partie du vaste convoi d'aide humanitaire russe transportant des fournitures destinées à Lougansk et à d'autres zones touchées s'est dirigée dimanche vers la partie de la frontière située le plus près de la ville, mais les 16 camions se sont arrêtés tout juste avant le poste-frontière, en début d'après-midi. Le convoi de près de 270 véhicules est stationné depuis quelques jours dans une ville près de la frontière en raison d'objections de la part de l'Ukraine, qui a affirmé que cette mission n'était pas, au départ, autorisée par la Croix-Rouge.

Cette organisation, qui aurait la responsabilité de la distribution de l'aide, a fait savoir samedi que le principal obstacle était l'absence de garanties sécuritaires de la part de tous les camps impliqués dans le conflit.

Une grosse machine à rayons X a été amenée au point de passage du côté russe dans l'après-midi. Paul Picard, le chef de la mission de surveillance frontalière de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, a précisé qu'elle serait utilisée pour inspecter la cargaison.

Par ailleurs, les ministres ukrainien et russe des Affaires étrangères se rencontrent dimanche à Berlin pour reprendre les discussions diplomatiques afin de trouver une solution politique à la crise. Cette réunion rassemblant l'Ukrainien Pavlo Klimkine et son homologue russe Sergueï Lavrov verra aussi la participation des Allemand et Français Frank-Walter Steinmeier et Laurent Fabius.

Selon le ministre allemand, une «nouvelle poussée politique est nécessaire», ou il y aura un risque d'escalade supplémentaire.

Le leader de la République autoproclamée de Donetsk, Alexandre Zakharchenko, s'est vanté que du nouveau matériel militaire était en route en provenance de la Russie. Dans une vidéo publiée en fin de semaine, il a affirmé que ces renforts comprenaient des chars et quelque 1200 combattants ayant été entraînés en Russie.

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