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La France atteint les demi-finales à la Coupe du monde féminine U-20

17/08/2014 09:50 EDT | Actualisé 17/10/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le scénario est classique, qu'il s'agisse de la Coupe du monde des hommes ou du Mondial U-20 féminin, comme c'était le cas dimanche.

David contre Goliath. Le favori qui cherche à intimider en dominant le jeu, et le petit poucet qui présente une muraille étanche dans l'espoir de profiter d'une ouverture, si mince soit-elle, pour surprendre. Ou encore, dans l'espoir de provoquer la tenue de tirs au but à l'issue des prolongations.

La Corée du Sud, le petit poucet de la soirée, a gagné son pari en tenant la France à une nulle de 0-0 en 120 minutes de jeu. Les Sud-Coréennes ont ainsi poussé les Bleuettes jusqu'aux penalties dans le match des quarts de finale qu'elles ont disputé dimanche devant 4954 spectateurs au Stade olympique.

Les Françaises ont toutefois eu le dernier mot malgré tout, s'imposant 4-3 aux tirs au but. C'est Claire Lavogez qui a fait la différence lors de la cinquième ronde des tirs, et ainsi évité aux siennes de subir l'élimination.

Une élimination, à en juger par les réactions émotives des joueuses après chaque occasion ratée dans les prolongations, qui aurait été jugée trop hâtive par cette équipe composée d'athlètes qui ont remporté la Coupe du monde féminine U-17 en 2012 et l'Euro U-19 l'an dernier.

«On a su être patientes, a noté Lavogez. C'est sûr que c'est une frustration de rater des occasions comme ça, mais on a gagné aux penalties, c'est l'important.»

«C'est frustrant parce qu'effectivement, l'équipe a joué comme on le souhaitait, a de son côté noté l'entraîneur français Gilles Eyquem. Les joueuses sortent grandies de ce match, contre une équipe coréenne qui a passé son temps à défendre — très bien d'ailleurs, mais qui doit être encore plus frustrée que nous.»

Eyquem a par ailleurs louangé le courage des Sud-Coréennes, ainsi que leur capacité à appliquer le plan de match à la lettre.

«Elles sont restées bien organisées jusqu'au bout avec un système très défensif, avec deux lignes de quatre (joueuses) derrière. C'était très cohérent ce qu'elles ont proposé, a souligné l'entraîneur des Bleuettes. Heureusement que l'équipe qui a produit du jeu a gagné au final.»

Les Sud-Coréennes auraient pu voler le match si elles avaient été plus précises dans leurs tirs lors des penalties. À cette occasion, Jang Selgi, Namgung Yeji et Lee Subin ont toutes tiré au-dessus de la transversale.

«Nous étions heureux de nous rendre jusqu'aux penalties mais si j'ai un regret, c'est de ne pas avoir mieux fait à ce stade du match, a commenté l'entraîneur de la sélection sud-coréenne, Jong Songchon. Mais un match de foot est toujours composé de bons et de mauvais éléments. Je suis content que mes joueuses aient tout donné.»

La France a bien mérité la victoire puisqu'elle a dominé le match outrageusement. Son temps de possession de 60 pour cent s'est traduit par 18 tirs au but, dont neuf cadrés, contre seulement deux tirs pour les Sud-Coréennes, dont un seul cadré.

Incapable de percer le mur défensif coréen pendant les 90 premières minutes de jeu, se contentant le plus souvent de tirs de loin ou d'angles fermés, les Bleuettes ont profité de la fatigue dans le camp adverse pour obtenir pas moins de six occasions franches durant les prolongations. Les Lavogez, Faustine Robert et Clarisse Le Bihan ont tour à tour manqué de précision.

Robert a fait dévier le ballon au fond du filet à la 120e, mais elle a été jugée hors-jeu par les arbitres, qui ont été plutôt sévères à l'endroit des favorites sur l'ensemble du match.

Les Françaises l'ont par ailleurs échappé belle à la 48e minute de jeu. Alors que le score était toujours de 0-0, la gardienne des Bleuettes Solène Durand a plongé à sa droite pour bloquer un penalty pris par la Sud-Coréenne Lee Sodam.

Lee Geummin a chuté délibérément dans la zone de réparation après s'être fait tirer le chandail, incitant la juge de touche à signaler le penalty. Le tir à ras de sol de Lee Sodam n'a toutefois pas été assez puissant, ni assez près du poteau, ce qui a permis à Durand de s'interposer et de faire l'arrêt.

C'est donc le duel attendu qui aura lieu en demi-finale, mercredi, au Stade olympique, alors que la France y affrontera l'Allemagne. Il s'agit là d'un affrontement que plusieurs qualifieront de finale avant la lettre.

«Il va falloir essayer de garder cet état d'esprit, de vouloir aller de l'avant. Et essayer de donner des réponses aux joueuses afin qu'elles puissent être plus efficaces (devant le filet adverse), a indiqué Eyquem, dont l'équipe a péché par manque de finition jusqu'ici au cours du tournoi. Il va falloir trouver la bonne joueuse, celle qui va convertir les occasions. Parce que peut-être, contre l'Allemagne, on n'en aura pas autant.

«Mais on connaît bien cette équipe d'Allemagne, on a su les maîtriser au championnat d'Europe (en 2012), a ajouté l'entraîneur. On a encore un bon coup à jouer contre elles, et je pense qu'elles le savent aussi et qu'elles ont peut-être un petit peu peur de nous.»

L'autre demi-finale, qui aura lieu le même soir à Moncton, opposera le Nigeria à la Corée du Nord. Le Nigeria s'est imposé 4-1 contre la Nouvelle-Zélande dans l'autre match des quarts de finale disputé dimanche.

Les finales pour les première et troisième places se dérouleront toutes deux au Stade olympique, dimanche prochain.

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