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Irak: le chef des Kurdes réclame des armes "à l'Allemagne aussi"

17/08/2014 04:44 EDT | Actualisé 16/10/2014 05:12 EDT

Le président de la région autonome du Kurdistan irakien Massoud Barzani a réclamé dimanche à ses alliés et "à l'Allemagne aussi", des "armes puissantes" pour ses combattants qui luttent contre les jihadistes de l'Etat ismlamique (EI).

"Nous attendons des armes puissantes non seulement de la part des Etats-Unis, mais aussi de nos autres amis et alliés, l'Allemagne y compris", a déclaré le chef de file des Kurdes d'Irak dans une interview au quotidien populaire Bild.

"Nous faisons tous face à un tournant dans l'histoire de la guerre contre la terreur. Celui qui veut protéger l'Europe du terrorisme, doit maintenant commencer à défendre le Kurdistan et à combattre l'EI", a-t-il confié au quotidien le plus lu d'Europe.

Massoud Barzani a répété qu'il ne souhaitait pas l'envoi de troupes sur le terrain de la part de la communauté internationale, mais "simplement d'assez d'armes pour combattre l'EI".

Il a également estimé qu'une "stratégie globale" est nécessaire pour "couper les ressources financières" de l'EI et "l'empêcher de continuer ses recrutements".

Le débat sur d'éventuelles livraisons d'armes en Irak fait rage en Allemagne, traditionnellement réticente sur ce genre de ventes à cause du poids de son histoire.

Les Allemands sont d'ailleurs 74% à s'y opposer, selon un sondage Emnid paru dans Bild.

Mais depuis l'offensive fulgurante des jihadistes en Irak début juin, les lignes politiques ont commencé à bouger dans le pays. L'interdiction de ventes d'armes dans des zones de conflits décrétée il y a 14 ans par la coalition sociaux-démocrates/verts de l'époque ne fait plus consensus, et chaque grand parti a ses pour et ses contres.

"Nous ne pouvons pas regarder des fanatiques armés jusqu'aux dents tuer des milliers d'être humains innocents, dont les défenseurs n'ont pas d'armes efficaces pour leur protection", s'est indigné dimanche le ministre social-démocrate de l'Economie Sigmar Gabriel dans une interview accordée à l'hebdomadaire Der Spiegel.

Il s'agit d'un "dilemme" a répété le numéro deux du gouvernement, mais "en fin de compte, nous ne pourrons pas rester sans rien faire en cas de génocide se déroulant devant nos yeux", a-t-il prévenu.

Certains conservateurs se montrent également prêts à briser le tabou en cas de besoin.

"La responsabilité implique aussi d'envisager d'empêcher le pire", a déclaré au Spiegel Julia Klöckner, la numéro deux de la CDU, le parti d'Angela Merkel.

rfo/ml

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