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Cause LGBT: les partis politiques s'engagent à poursuivre le travail

17/08/2014 05:40 EDT | Actualisé 17/10/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le premier ministre du Québec, le maire de Montréal, plusieurs chefs de partis et députés, tous ordres de gouvernement confondus, s'entendent tous sur une chose: il y a encore du travail à faire pour améliorer la situation de la communauté LGBT au Québec, au Canada, et ailleurs dans le monde.

Quelques minutes avant que ne s'ébranle le 30e défilé de la Fierté à Montréal, les politiciens de (presque) tous les horizons politiques se sont réunis pour répéter que malgré les avancées réalisées ces dernières années, il était nécessaire de poursuivre les gestes de mobilisation, particulièrement en ce qui concerne la question des droits des transsexuels.

S'il se dit fier de sa ville et de l'image qu'elle projette à l'échelle internationale, le maire Denis Coderre soutient qu'«il faut toujours être vigilant» sur la question des droits de la communauté LGBT­.

«Un cas, c'est un cas de trop, soutient-il. On voit que Montréal est une ville ouverte et une ville accueillante. Nous sommes une métropole internationale; c'est important ce que l'on fait aujourd'hui, parce que la solidarité n'a pas de frontières. On envoie un message d'inclusion à travers la société. Et le fait de voir que tout le monde est ici, que c'est non-partisan, qu'on travaille tous pour une même cause.»

M. Coderre invoque par ailleurs la grande place qu'occupent déjà les événements culturels à saveur LGBT prenant place à Montréal.

Sur la scène provinciale, le premier ministre Philippe Couillard s'est engagé à maintenir une atmosphère de collaboration à l'Assemblée nationale pour s'attaquer à ce dossier, ainsi qu'à celui de l'intimidation, parfois étroitement lié à la question de l'identité sexuelle chez les jeunes, mais également chez les personnes âgées.

Pour la députée solidaire Manon Massé, le défilé de la Fierté consiste d'abord à «honorer, fêter les gains réalisés».

«Ceci étant dit, il reste encore des gains à faire; on sait qu'il y a encore des jeunes qui se suicident parce qu'ils n'acceptent pas leur orientation, ou de jeunes transsexuels qui ne peuvent pas choisir, dès qu'ils en sont assurés, de retrouver leur sexe d'origine. Le précédent gouvernement a adopté un projet de loi sur les droits des transsexuels, mais il y a encore des points à finaliser.»

«Ce que je pense surtout, c'est qu'il est important de se rappeler que la différence n'est pas une faiblesse: c'est une force. Je pense que le Québec est capable de grandes choses, et qu'il faut continuer.

À l'échelle fédérale, le chef néo-démocrate Thomas Mulcair a appelé le Sénat à accélérer le traitement d'un projet de loi d'initiative parlementaire offrant justement plus de droits aux transsexuels.

«On vient chaque année [au défilé], c'est très important. On vit dans une société où il y a encore du travail à faire pour enlever les inégalités, et on voit surtout que les jeunes sont souvent harcelés à l'école», avance M. Mulcair, avant de plaider pour «tous soient reconnus également».

Le chef du Nouveau Parti démocratique apparaît cependant quelque peu remonté contre la lenteur de la progression du projet de loi déposé par le député d'Esquimalt-Juan de Fuca, Randall Garrison. «Ce projet de loi stagne au Sénat — un Sénat non élu. C'est scandaleux!»

«On va continuer notre travail pour mettre les outils législatifs en place pour veiller à ce que cette égalité soit une égalité juridique, et le fait que les sénateurs bloquent un projet de loi est une bonne indication que du travail reste à faire même au sein du Parlement.»

M. Mulcair ne s'est par ailleurs pas montré surpris qu'aucun de ses collègues conservateurs ne se soit présenté dimanche à Montréal. «Je pense que c'est un reflet de la fermeture des conservateurs et ce sont leurs sénateurs majoritaires» qui bloquent le projet de loi.

«[Les conservateurs] ne viennent jamais [au défilé]. C'est une question d'attitude, d'état d'esprit. Selon eux, pourquoi se battre pour l'égalité?»

Plusieurs milliers de personnes s'étaient rassemblées en bordure du boulevard René-Lévesque, en prévision du défilé dont le départ a eu lieu aux environs de 13 h, dimanche. Le cortège s'est ébranlé au coin de la rue Guy, et s'est arrêté à l'angle de la rue Sanguinet.

Une danse et un spectacle de clôture étaient ensuite prévus au parc Émilie-Gamelin.

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