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Ukraine: le convoi russe toujours bloqué à la frontière alors que les combats continuent

16/08/2014 06:08 EDT | Actualisé 16/10/2014 05:12 EDT

Le convoi d'aide humanitaire russe était toujours bloqué samedi à quelques kilomètres de la frontière ukrainienne, en attente d'être inspecté, alors que le chef des insurgés du bastion prorusse de Donetsk a accusé Kiev de retarder délibérément les camions.

Le fief rebelle de Donetsk, assiégé par l'armée ukrainienne, "est dans une situation humanitaire très préoccupante et l'aide que la Russie nous envoie et que nous n'avons toujours pas reçue, nous en avons besoin comme de l'oxygène", a déclaré Alexandre Zakhartchenko, le "Premier ministre" séparatiste.

"Ce n'est pas seulement l'armée ukrainienne qui ne veut pas que l'aide humanitaire nous parvienne et empêche qu'elle nous parvienne. En réalité, (...) le gouvernement ukrainien l'en empêche avec tous les obstacles possibles, légaux ou autres", a-t-il affirmé.

Les quelques 300 camions russes, porteurs de 1.800 tonnes d'aide humanitaire selon Moscou, étaient toujours stationnés samedi matin à une trentaine de kilomètres du poste-frontière de Donetsk en Russie, dans la localité de Kamensk-Chakhtinski, ont observé des journalistes de l'AFP, ce qui signifie qu'ils n'ont pas bougé d'un pouce depuis jeudi.

Les gardes-frontières et douaniers ukrainiens arrivés en territoire russes n'avaient toujours pas commencé leur inspection, attendant des documents de la part de la Croix-Rouge qui doit se charger de la distribution de l'aide aux bastions rebelles.

Un responsable du ministère russe des Situations d'urgence a déclaré que Moscou avait envoyé aux douanes ukrainiennes une déclaration concernant le contenu des camions. Le représentant de l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) sur place, Paul Picard, a de son côté expliqué qu'une réunion entre les services de douane russes et les représentants ukrainiens avait eu lieu samedi matin, sans donner plus de précisions.

La Croix-Rouge, qui n'a pas participé à la réunion, a confirmé n'avoir toujours mené aucune inspection sur les camions russes, attendant un accord entre les deux parties.

- Intenses bombardements dans la nuit -

A Donetsk, où les combats se sont rapprochés du centre-ville ces derniers jours, une journaliste de l'AFP a entendu d'intenses tirs d'artillerie dans la nuit et des explosions près des quartiers du nord-est de la ville.

A Lougansk, encerclée et assiégée par l'armée ukrainienne, l'organisation Human Rights Watch (HRW) a évoqué samedi une situation humanitaire "très difficile" alors que la ville n'a plus d'eau, d'électricité et de réseau téléphonique depuis deux semaines. Selon les autorités locales, d'intenses bombardements ont eu lieu dans la nuit, à la suite desquels plusieurs incendies se sont déclarés dans la ville.

L'ONG a également dénoncé l'utilisation par les deux camps d'armes lourdes dans des zones habitées, qui ont provoqué la mort de plusieurs dizaines de civils au cours des derniers jours. Washington avait déjà exhorté jeudi Kiev à la "retenue" afin de réduire le nombre de victimes parmi la population.

Moscou a pour sa part accusé Kiev, qui a envoyé ses propres camions chargés d'aide dans l'Est, de vouloir saboter son opération humanitaire. "L'intensification brutale des opérations militaires" ukrainiennes dans la zone que doit emprunter le convoi russe "a de toute évidence pour but de couper l'itinéraire convenu avec Kiev", a affirmé la diplomatie russe.

Les forces ukrainiennes ont revendiqué jeudi le contrôle de la route entre Lougansk et la frontière russe, coupant ainsi l'itinéraire que sont censés emprunter les camions venus de Moscou.

- Des renforts venus de Russie ? -

Les tensions internationales ont également monté d'un cran après que l'Ukraine a affirmé vendredi avoir en partie "détruit" une colonne de blindés russes entrée la veille sur son territoire, provoquant un concert de réactions indignées à l'Ouest.

Washington a appelé Moscou à cesser ses "provocations" tandis que les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont "pressé" la Russie de "stopper immédiatement toute forme d'hostilités".

Moscou, qui a toujours démenti tout passage de troupes russes ou de matériel par la frontière, a ironiquement accusé Kiev de "détruire des fantômes".

Le "Premier ministre" séparatiste Alexandre Zakhartchenko a pourtant déclaré avoir reçu des renforts venant de Russie dans une vidéo diffusée sur YouTube vendredi.

Il y affirme avoir reçu "150 pièces d'équipement militaire, parmi lesquelles 30 tanks et des blindés, et quelque 1.200 hommes qui ont reçu quatre mois d'entraînement sur le territoire russe", ajoutant qu'ils arrivaient "au moment le plus crucial".

Pour tenter de mettre fin à l'escalade, une rencontre entre le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine et son homologue russe Sergueï Lavrov aura lieu dimanche à Berlin, en présence des chefs de la diplomatie français et allemand.

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