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L'Allemagne aurait espionné John Kerry et Hillary Clinton «accidentellement»

16/08/2014 05:16 EDT | Actualisé 16/10/2014 05:12 EDT
AFP

BERLIN - Les renseignements allemands ont espionné des appels effectués par le secrétaire d'État américain John Kerry et sa prédécesseure Hillary Clinton, a rapporté samedi l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.

La publication bien connue mentionne que l'agence de renseignement, connue par son acronyme allemand BND, s'est jointe à une conversation satellite effectuée par M. Kerry en 2013 dans le cadre de sa surveillance des télécommunications au Moyen-Orient. L'agence a aussi enregistré une conversation entre Mme Clinton et l'ex-secrétaire général des Nations unies Kofi Annan l'année précédente, mentionne le magazine.

Ce dernier ne cite pas ses sources, mais affirme que les appels ont été enregistrés de façon «accidentelle», que les trois personnalités n'étaient pas ciblées directement, et que les copies des conversations ont été détruites immédiatement. Dans le cas de Mme Clinton, l'appel aurait eu lieu sur la même «fréquence» que celle d'un suspect terroriste, selon Der Spiegel.

L'enregistrement de la conversation de Mme Clinton a aussi été signalé vendredi par le diffuseur public allemand ARD, ainsi que par le quotidien munichois Sueddeutsche Zeitung.

Si ces allégations sont vérifiées, ces révélations seraient bien embêtantes pour le gouvernement allemand, qui s'est plaint pendant des mois à Washington des présumées activités d'espionnage américaines sur son territoire. L'an dernier, des informations rapportées par les médias et basées sur des documents coulés par l'ex-consultant de la NSA Edward Snowden ont suscité une vive réaction de la part de la chancelière Angela Merkel, qui faisait supposément partie des cibles du renseignement américain.

Un porte-parole de l'ambassade américaine à Berlin n'a pas voulu commenter les plus récentes informations.

Dans son reportage de samedi, Der Spiegel cite également un document confidentiel de la BND daté de 2009 indiquant qu'un autre allié de l'OTAN, la Turquie, était une cible pour la collecte de renseignements allemande.

La BND n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires, samedi.