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IleSoniq: 119 arrestations et peu d'intoxication aux drogues lors du festival

16/08/2014 09:32 EDT | Actualisé 16/10/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - La police a procédé à 119 interpellations en seulement deux jours au festival IleSoniq, à Montréal, alors que les autorités ont redoublé d'effort pour éviter que l'événement de musique électronique prenne une tournure aussi dramatique qu'à Toronto, où deux jeunes sont morts et 13 autres ont été intoxiqués lors d'un événement similaire au début du mois.

Les 119 personnes, dont sept mineurs, étaient toutes en possession de substances illicites, notamment des drogues de synthèse. Ces dernières sont pointées du doigt dans le décès des deux jeunes Torontois au festival VELD, mais aussi de plusieurs Montréalais depuis quelques mois.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) estime que le nombre peu élevé d'intoxications quelques heures avant la clôture de l'événement, samedi soir, est le résultat direct des mesures draconiennes mises en place pendant le festival IleSoniq.

Au moins deux personnes ont pris le chemin de l'hôpital pendant l'événement. Vendredi, La Presse Canadienne a assisté aux tentatives du personnel médical de l'événement qui tentait de réveiller un festivalier inconscient.

«Il ne répondait tout simplement à aucun stimulus, même pas à la douleur. Il a pris un mélange de substances, c'est ce qu'on croit», a indiqué un secouriste, alors que l'homme inconscient était transporté sur une civière vers une ambulance.

Les autorités policières montréalaises ne cachent pas que le drame de Toronto a agi comme un électrochoc et que la police a fait preuve d'une «vigilance accrue», a indiqué l'agent Manuel Couture, du SPVM.

Résultats toxicologiques

La Presse Canadienne a obtenu un portait des résultats toxicologiques menés sur les corps des deux victimes du festival de musique torontois.

Contrairement aux informations qui pourraient avoir circulé initialement, les drogues mortelles ne contenaient pas de «poison ou une autre substance toxique», a révélé à La Presse Canadienne l'enquêteur aux homicides de la police de Toronto, le sergent-détective Peter Trimble.

«Les jeunes sont morts d'une surdose de drogue. Il n'y avait donc pas d'arsenic ou encore de poison à rats. Ils ont pris trop de narcotiques. Mais quel était ce narcotique, ça reste encore un mystère», a-t-il indiqué.

La police de Toronto a d'abord pointé du doigt deux comprimés, tenus responsable des deux décès. L'un était brun, l'autre transparent et rempli d'une poudre blanche. Alors que l'enquête progresse, le sergent-détective Trimble apporte une précision.

«Toutes les drogues de party sont dangereuses. Que la couleur soit bleue, blanche, rose, peu importe. Le jeune qui va l'acheter d'un inconnu ne connaît pas ce qu'elle contient et la quantité de narcotiques qu'elle contient. Dans ces circonstances, comment savoir si la quantité que vous prenez est trop élevée et peut mettre votre vie en danger?», souligne-t-il.

Au festival IleSoniq à Montréal, malgré des fouilles systématiques, de nombreuses substances illicites étaient néanmoins disponibles sur le site, selon plusieurs festivaliers.

«On nous a offert toutes les drogues qu'on voulait. Un premier gars nous a approchés quand on marchait et il nous a menés vers un autre qui était caché dans la foule d'un des spectacles, loin du regard de la police», a indiqué un festivalier, vendredi.

Malgré le nombre d'interpellations par la police, certains estiment que davantage d'efforts auraient pu être faits. «J'étais à Toronto, il y a deux semaines. Là-bas, on nous faisait enlever nos souliers et on fouillait même nos paquets de gomme! Ici, j'aurais facilement pu cacher des trucs, si j'avais voulu», a dit un autre jeune festivalier sous le couvert de l'anonymat.

Contrairement aux festivals Osheaga et HeavyMontreal, qu'il organise aussi, le groupe Evenko a décidé d'accueillir pendant IleSoniq un organisme qui sensibilise le public aux dangers des drogues, le Groupe de recherche et d'intervention psychosociale (GRIP).

Jessica Turmel, intervenante du GRIP, rapporte que près de 200 personnes sont venues s'informer au kiosque de l'organisme uniquement lors de la journée de vendredi.

«On voit que les gens ont une certaine inquiétude et qu'ils veulent s'informer. Depuis quelques mois à Montréal, plusieurs personnes ont été intoxiquées et plusieurs sont mortes en raison de surdose. Les autorités de la santé publique croient que le fentanyl pourrait être en cause. C'est de 50 à 100 fois plus puissant que la morphine et si la personne qui fabrique la drogue en ajoute quelques grains de trop, alors ça peut tuer», explique Mme Turmel.

Elle répète qu'une méthode simple pourrait accroître la sécurité des consommateurs de drogues et probablement sauver la vie de plusieurs. «En Europe depuis plusieurs années, il y a des tests menés sur les drogues lors de grands événements pour permettre aux gens de savoir ce qu'elles contiennent. Au Canada, ce genre de tests sont malheureusement interdits», dénonce-t-elle.

Quelque 32 000 personnes étaient attendues pendant les festivités d'IleSoniq. La porte-parole d'Evenko, Caroline Audet, a indiqué qu'une importante équipe de secouristes était déployée sur le site pendant le festival, dont un pharmacien à l'entrée.

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