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Afrique du Sud: deux ans après, hommage aux mineurs tués à Marikana

16/08/2014 09:18 EDT | Actualisé 16/10/2014 05:12 EDT

Plusieurs milliers de mineurs sud-africains se sont rassemblés samedi à la mine de platine de Marikana en hommage aux 34 grévistes qui y ont été abattus par la police il y a deux ans.

Mineurs et familles de victimes ont été rejoints par des responsables communautaires et plusieurs personnalités d'opposition sur une colline à l'extérieur de la mine exploitée par le groupe britannique Lonmin, où la tuerie a eu lieu.

Le massacre du 16 août 2012 a souvent été comparé aux atrocités du régime raciste de l'apartheid. Il avait suivi de violents affrontements - ayant fait dix morts - entre grévistes, vigiles de la mine et policiers durant les jours précédents.

Les mineurs réclamaient une hausse de salaire à 12.500 rands par mois (880 euros). Leur revendication a finalement été satisfaite en juin dernier, après un nouveau mouvement de grève durant cinq mois, qui a conduit l'Afrique du Sud au bord de la récession économique.

Samedi, les proches des 34 mineurs abattus à Marikana tenaient chacun un cierge rouge allumé lors de l'appel des noms de leurs défunts.

Certains mineurs brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "Souvenez-vous des victimes de Marikana". D'autres portaient des T-shirts à l'effigie de leurs collègues.

"Je suis ici pour soutenir les familles des travailleurs qui ont été tués sur la colline", a déclaré à l'AFP un mineur, Eric Raadt. "Ils faisaient grève pour avoir une vie meilleure".

Pour Zameka Nungu, veuve d'un des mineurs tués, la cérémonie de samedi rappelle "des souvenirs difficiles".

"Cette journée ramène des souvenirs de ce jour où mon mari a été abattu. C'est très douloureux pour moi", a-t-elle confié.

En souvenir des victimes, quelques croix blanches ont été plantées près de la colline sur le site minier qui se trouve au nord de Johannesburg.

"Ce jour tragique devrait être un jour de réflexion", a déclaré le président sud-africain Jacob Zuma dans un communiqué.

"Nous devons réaffirmer notre engagement à ce que la violence ne soit plus jamais utilisée pour résoudre des problèmes, quels qu'ils soient, dans notre pays", a-t-il ajouté, prônant "la paix et la tolérance".

Une commission d'enquête, qui siège dans la banlieue de Pretoria, a été lancée et a entendu certains des plus hauts responsables politiques du pays, dont l'ex-ministre de la Police Nathi Mthethwa.

Le vice-président actuel Cyril Ramaphosa, qui était membre du conseil d'administration de Lonmin au moment du massacre, a été entendu lundi alors que des manifestants ont crié "Ramaphosa, démission!".

Aucun représentant du Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir, n'était présent à Marikana samedi alors que plusieurs figures de l'opposition ont assisté aux commémorations et rejeté la responsabilité du massacre sur l'ANC.

Julius Malema, ancien chef de la ligue de jeunesse de l'ANC désormais à la tête du parti des Combattants de la liberté économique (EFF), a notamment promis que sa formation donnerait "une leçon au gouvernement de l'ANC" sur la façon de s'occuper des pauvres.

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