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L'Ukraine assure avoir détruit des blindés russes, la Maison Blanche met en garde Moscou

15/08/2014 04:30 EDT | Actualisé 15/10/2014 05:12 EDT
ASSOCIATED PRESS
Pro-Russian rebels hold their positions on the frontline near the village of Krasnodon, eastern Ukraine, Friday, Aug. 15, 2014. Russia let Ukrainian officials inspect an aid convoy while it was still on Russian soil Friday and agreed that the Red Cross can distribute the goods in Ukraine's rebel-held city of Luhansk. (AP Photo/Sergei Grits)

L'Ukraine a affirmé avoir en partie détruit une colonne de blindés russes entrée la veille sur son territoire, tandis que la Maison Blanche a appelé Moscou à cesser ses «provocations».

L'augmentation de l'activité russe pour déstabiliser l'Ukraine ces dernières semaines est «extrêmement dangereuse et provocatrice», a dénoncé vendredi soir dans un communiqué Caitlin Hayden, porte-parole du Conseil de sécurité nationale du président Barack Obama.

"La Russie n'a aucun droit d'envoyer des véhicules, des personnes ou du matériel de quelque sorte que ce soit en Ukraine, sous aucun prétexte, sans avoir l'autorisation du gouvernement ukrainien", a affirmé Mme Hayden, précisant que les Etats-Unis s'employaient actuellement à confirmer ces informations.

La tension est montée depuis que des journalistes britanniques ont rapporté que 23 véhicules blindés de transport de troupes russes, appuyés par des véhicules logistiques, avaient traversé la frontière jeudi soir près du poste-frontière de Donetsk, par où doit passer un convoi humanitaire russe destiné aux populations victimes de quatre mois de conflit dans l'est de l'Ukraine.

Le président ukrainien Petro Porochenko a affirmé qu'"une grande partie de ce matériel a été détruite dans la nuit (de jeudi à vendredi) par l'artillerie ukrainienne", dans un entretien téléphonique avec le Premier ministre britannique David Cameron.

"Une action appropriée a été menée contre cette colonne et une partie de cette colonne n'existe plus. Elle a été détruite", a également assuré le porte-parole militaire ukrainien Andriï Lyssenko.

Moscou a démenti une telle incursion, et dénoncé des "tentatives de faire échouer" l'entrée d'un convoi humanitaire russe dans l'Est de l'Ukraine, mettant en garde contre les "conséquences" de tels projets.

"Il n'y a aucun convoi militaire russe qui aurait traversé la frontière entre la Russie et l'Ukraine", a déclaré un responsable du ministère russe de la Défense, le général Igor Konachenkov, cité par les agences de presse russes. Les forces ukrainiennes "détruisent des fantômes", a-t-il ironisé.

Pour tenter d'éteindre l'incendie, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Pavlo Klimkine a annoncé vendredi qu'il rencontrerait son homologue russe Sergueï Lavrov à Berlin dimanche, avec les chefs de la diplomatie français et allemands. "Peu importe que ce soit une table ronde ou une table carrée, il faut que nous parlions", a écrit M. Klimkine sur Twitter.

Mises en garde occidentales

Moscou a toujours démenti tout passage de troupes russes ou de matériel par la frontière, comme l'en ont accusé à plusieurs reprises Kiev et les Occidentaux.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE ont "pressé" vendredi la Russie de "stopper immédiatement toute forme d'hostilités" à la frontière avec l'Ukraine.

Dans un entretien téléphonique, la chancelière allemande Angela Merkel a mis en demeure vendredi le président russe Vladimir Poutine de "mettre fin au flux de matériel militaire, conseillers militaires et personnel armé qui passent la frontière avec l'Ukraine".

L'ambassadeur de Russie au Royaume-Uni, Alexander Iakovenko, a été convoqué au Foreign Office pour "clarifier les informations sur une incursion militaire russe en Ukraine", tandis que le président français François Hollande a appelé vendredi la Russie à "respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine".

Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a estimé qu'une telle action démontrait "clairement l'implication de la Russie dans la déstabilisation de l'Ukraine".

Plusieurs Bourses européennes ont chuté à l'annonce de l'accrochage militaire en Ukraine, la Bourse de Francfort cédant en particulier 1,44%, et la Bourse de Paris 0,74%.

L'Otan comme Kiev ont confirmé l'incursion de blindés russes. Le chef de la mission d'observation de l'OSCE dans la région, Paul Picard, a assuré pour sa part que les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe n'avaient vu "aucun camion ou véhicule blindé passer la frontière", ajoutant ne pouvoir être affirmatifs que sur ses "deux points d'observation: les postes de contrôle de Goukovo et de Donetsk".

Convoi humanitaire russe bloqué

Moscou a au contraire accusé Kiev de jeter de l'huile sur le feu. "L'intensification brutale des opérations militaires" ukrainiennes dans l'est de l'Ukraine "a de toute évidence pour but de couper l'itinéraire convenu avec Kiev" pour le passage du convoi humanitaire russe.

Quelques 300 camions russes, porteurs de 1.800 tonnes d'aide humanitaire selon Moscou, étaient toujours stationnés vendredi soir à une trentaine de kilomètres du poste-frontière de Donetsk, le bastion rebelle dans l'Est de l'Ukraine, à Kamensk-Chakhtinski, ont observé des journalistes de l'AFP.

Selon un porte-parole militaire ukrainien, 41 gardes-frontières et 18 douaniers sont arrivés à Donetsk pour inspecter les camions, mais ils n'avaient toujours pas commencé leur travail, attendant des documents de la part de la Croix-Rouge, qui doit se charger de la distribution de l'aide.

L'acheminement du convoi a été problématique depuis son départ mardi d'une base militaire aux environs de Moscou, l'Ukraine et de nombreux pays occidentaux le soupçonnant de servir de couverture à une intervention de la Russie, qu'ils accusent déjà d'armer la rébellion.

Après des tergiversations, Kiev a finalement accepté le passage de la colonne russe, via le territoire dans l'Est rebelle qu'il ne contrôle pas.

A Donetsk, principal fief séparatiste où les combats s'intensifient dans le centre-ville, 11 civils ont ainsi été tués en 24 heures, a indiqué vendredi la mairie.

Kiev, qui resserre son étau sur les séparatistes, a revendiqué jeudi le contrôle de la route entre Lougansk et la frontière russe, coupant ainsi l'itinéraire qu'est censé emprunter le convoi humanitaire venu de Moscou.

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