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Turbulences chez Bombardier: la Caisse de dépôt ne semble pas s'inquiéter

15/08/2014 11:30 EDT | Actualisé 15/10/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - La direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) ne semble pas s'inquiéter outre mesure des récentes turbulences traversées par Bombardier (TSX:BBD.B), ce qui ne l'empêche pas de suivre la situation de près.

Au cours d'une conférence téléphonique, vendredi, son président et chef de la direction, Michael Sabia, a souligné que l'avionneur montréalais se trouve dans une industrie qui n'est «pas facile».

«Bombardier est importante pas juste au Québec, mais au Canada, parce que nous n'avons malheureusement pas suffisamment d'entreprises mondiales», a-t-il souligné, en marge du dévoilement des résultats du premier semestre de la Caisse.

Aux prises avec d'importantes dépenses liées à ses programmes — dont celui de la CSeries —, Bombardier a récemment annoncé une restructuration de sa division aéronautique, qui se traduira entre autres par le licenciement de quelque 1800 employés. Environ 1000 autres travailleurs seront également licenciés au sein de sa division ferroviaire d'ici la fin de l'année.

«Nous avons un niveau de confiance très élevé, a dit M. Sabia. Ce n'est pas une industrie facile. Nous suivons la situation de près mais d'après nous ce n'est pas une situation urgente.»

La Caisse — dont l'investissement dans Bombardier était évalué à 271 millions $ en date du 31 décembre dernier — semblerait même disposée à donner un coup de pouce à l'entreprise québécoise si la situation l'exige.

«Nous sommes toujours à l'écoute», affirmé son président et chef de la direction, lorsqu'il a été questionné sur le sujet.

M. Sabia a cependant fermé la porte à une possible intervention de la CDPQ auprès de la société Investissements Hexagone — qui regroupe les entreprises du controversé homme d'affaires Tony Accurso —, actuellement à la recherche de nouveaux investisseurs.

«Nous avons déjà dit publiquement que nous ne nous intéressons pas (à faire) l'acquisition de cette société ou d'y faire un investissement, a-t-il affirmé. Ce n'est pas une société qui est sur notre radar.»

Rendement semestriel «raisonnable»

La Caisse — qui gère des fonds provenant principalement de régimes de retraite et d'assurances publics et privés — a par ailleurs dévoilé, pour le premier semestre, un rendement de 6,7 pour cent, tout juste en deçà de celui de 6,8 pour cent de son portefeuille de référence.

Son dirigeant a qualifié cette performance de «raisonnable», ajoutant qu'elle reflétait la tenue des marchés boursiers.

«Ce n'est pas surprenant que notre performance soit au même niveau que celui de notre portefeuille de référence», a observé M. Sabia.

Au cours du premier semestre, le portefeuille des actions a entre autres procuré un rendement de 8,8 pour cent — soit un pour cent de plus que son indice de référence — en générant des produits de placement nets de 8,1 milliards $.

Le secteur des revenus fixes a de son côté dégagé une performance de 4,7 pour cent (3,4 milliards $), dépassant ainsi de 0,1 pour cent son indice de référence.

En ce qui a trait aux placements sensibles à l'inflation, la troisième grande catégorie d'actifs de la Caisse qui regroupe les immeubles ainsi que les infrastructures, le rendement s'est établi à 3,5 pour cent (1,1 milliard $) au premier semestre, bien en deçà de l'indice de référence de 7,4 pour cent.

Citant entre autres une situation économique mondiale fragile, un possible ralentissement sur les marchés ainsi que la situation géopolitique de certains pays, M. Sabia n'a pas voulu garantir que le rendement semestriel sera multiplié par deux pour le reste de l'année.

«L'Ukraine, l'Irak, (la bande de) Gaza, la Syrie et la Libye, de toute évidence, le risque géopolitique est élevé, ce qui explique en partie la baisse des taux d'intérêt et le recul des marchés que nous avons vus au cours des dernières semaines», a expliqué le dirigeant de la CDPQ.

Au cours des six premiers mois de l'année, la Caisse estime que ses engagements ainsi que ses investissements au Québec ont atteint 835 millions $, notamment grâce à des prises de participation auprès de grandes sociétés comme la Banque Laurentienne (TSX:LB) et TC Transcontinental (TSX:TCL.A).

Quant au rendement de l'institution sur une période de quatre ans, il atteint 11,1 pour cent, comparativement à 10,9 pour cent pour son indice de référence, une performance qui «surpasse les besoins (des) déposants», selon M. Sabia.

La Caisse a par ailleurs annoncé la nomination de Christian Dubé — qui quitte du même coup ses fonctions de député au sein de la Coalition avenir Québec — comme premier vice-président pour le Québec.

Ce dernier sera responsable de la mise en oeuvre de la stratégie d'investissement de l'institution visant à favoriser la croissance des entreprises québécoises, notamment en les accompagnant à l'étranger.

M. Dubé siégera au comité de direction de la Caisse et à son comité Investissement-risque.

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