NOUVELLES

Nigeria: des dizaines de personnes enlevées par Boko Haram dans le nord-est

15/08/2014 08:36 EDT | Actualisé 15/10/2014 05:12 EDT
TONY KARUMBA via Getty Images
Activists from a coalition of more than 40 African women organisations march on May 15, 2014 in the streets of Kenya's capital Nairobi demanding the release of more than 200 schoolgirls abducted from schools in nothern Nigeria by muslim extremist group Boko-haram. The Islamist group, whose name roughly translates from the Hausa language spoken widely in northern Nigeria as 'Western education is forbidden' claimed responsibility for kidnapping more than 200 schoolgirls, threatening to sell them like slaves and force them into marriage unless Nigeria freed militants held in the country's jails. Nigeria's President has ruled out today the release of Boko Haram fighters in exchange for the freedom of the schoolgirls kidnapped by the militants a month ago. AFP PHOTO/ TONY KARUMBA (Photo credit should read TONY KARUMBA/AFP/Getty Images)

Le groupe islamiste nigérian Boko Haram a enlevé des dizaines de personnes dans des communautés de pêcheurs du nord-est du Nigeria, embarquant certains otages sur des bateaux qui ont traversé le lac Tchad, ont rapporté vendredi des témoins.

Plusieurs personnes auraient aussi été tuées durant ces raids qui remontent à dimanche dernier, menés dans la zone de Kukawa, dans l'Etat de Borno, l'un des bastions de Boko Haram, proche des frontières du Tchad et du Cameroun.

Depuis cette région reculée du Nigeria, où la couverture de réseau téléphonique est faible, des survivants ont fui jusqu'à Maiduguri, la capitale de l'État de Borno.

Sur place, ils ont informé la presse de cet enlèvement de masse.

Il y a quatre mois, le kidnapping par Boko Haram de 276 adolescentes dans leur lycée à Chibok avait provoqué une indignation mondiale. On est toujours sans nouvelles de 219 d'entre elles.

«Au début, nous avons cru que (les assaillants) étaient des militaires... Mais quand ils ont commencé à tirer sur des gens et à incendier les maisons, alors nous avons compris que c'était Boko Haram», a expliqué un témoin, Halima Alhaji Adam.

Selon cette habitante du village de Doron Baga, les insurgés ont enlevé une centaine de jeunes hommes âgés de 15 à 30 ans. Les otages ont été emmenés «de force sur des bateaux à moteurs jusqu'au Tchad», a-t-elle ajouté.

Son récit a été corroboré par deux autres femmes et un homme ayant réussi à se réfugier à Maiduguri, ainsi que par le chef d'un groupe d'autodéfense aidant les militaires dans leur lutte contre Boko Haram.

Selon Abubakar Jatau, un habitant de Baga, une localité située sur les rives du lac Tchad, une centaine d'hommes et de garçons ont été enlevés durant une attaque lancée tard dimanche soir et qui s'est poursuivie jusqu'aux premières heures de lundi.

«Ils ont tué 28 personnes, dont quatre qu'ils ont massacrées sur les rives du lac Tchad. Les 24 autres ont été tuées par balle dans le village durant l'attaque», a-t-il dit.

Ce bilan n'a pas été confirmé de source officielle et l'armée n'a pas fait de commentaires sur les attaques.

Une autre femme ayant réussi à s'échapper, Fatima Suleiman, a expliqué que les habitants redoutent que les otages ne servent de "fantassins" aux extrémistes qui attaquent régulièrement des cibles militaires et civiles dans ces zones pauvres.

Mohammed Gava, responsable d'un groupe civil d'autodéfense, a affirmé que des jeunes filles et des femmes ont également été enlevées.

Selon Abubakar Jatau, des soldats d'une force multinationale composée de Nigérians, de Tchadiens et de Nigériens, et chargée de la sécurité dans cette région, a libéré 23 femmes enlevées.

Les autres témoins ont corroboré son récit, Fatima Suleiman affirmant qu'une vingtaine d'otages ont été libérés.

Cette force multinationale a été créée il y a plus de dix ans --bien avant que Boko Haram ne devienne une menace-- pour lutter contre la contrebande dans cette région frontalière.

Les témoins interrogés par l'AFP ont indiqué que des soldats de la force multinationale se sont déployés dans la zone après les attaques et ont combattu mercredi les insurgés islamistes revenus sur les lieux.

Boko Haram, qui affirme vouloir instaurer un Etat islamique dans le nord du Nigeria à majorité musulmane, est accusé d'avoir enlevé ces dernières années des centaines de personnes dans le Nord-Est pour en faire des soldats, des épouses ou des esclaves.

Le groupe islamiste mène depuis 2009 une insurrection sanglante qui a fait des milliers de morts, en dépit de l'état d'urgence décrété dans les trois Etats du nord-est depuis mai 2013 et des renforts militaires.

INOLTRE SU HUFFPOST

Ce que vous devez savoir sur Boko Haram