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Les centres de traitement d'Ebola débordent, prévient l'OMS

15/08/2014 08:46 EDT | Actualisé 15/10/2014 05:12 EDT

DAKAR, Sénégal - L'épidémie de virus d'Ebola qui a déjà fait plus de 1000 morts en Afrique de l'Ouest pourrait durer encore six mois, a prévenu vendredi Médecins sans frontières, pendant qu'un travailleur humanitaire admettait que le bilan véritable est inconnu.

Tarnue Karbbar, qui travaille pour l'organisation Plan International dans le nord du Libéria, a précisé que les équipes d'urgence sont tout simplement incapables de documenter toutes les infections. Plusieurs malades sont toujours cachés chez eux par leurs proches, qui craignent de se rendre dans les centres de traitement.

D'autres sont enterrés avant l'arrivée des équipes, a-t-il. Au moins 75 infections ont été décelées dans un seul district au cour des derniers jours, a-t-il poursuivi.

«Notre défi maintenant est d'isoler le secteur pour interrompre avec succès la transmission», a-t-il déclaré au sujet de la région de Voinjama.

Le ministre adjoint de la Santé du Libéria, Tolbert Nyenswah, a révélé que trois patients étaient traités au ZMapp au pays vendredi. Deux Américains qui ont reçu le médicament expérimental prennent du mieux, mais on ne sait pas si le produit est responsable de l'amélioration de leur état de santé. Un Espagnol qui avait aussi reçu du ZMapp est décédé.

Les doses utilisées au Libéria sont probablement les dernières disponibles n'importe où sur la planète.

De son côté, l'Organisation mondiale de la Santé a prévenu que les centres de traitement des victimes du virus d'Ebola en Afrique de l'Ouest commencent à manquer de lits.

Un porte-parole de l'OMS, Gregory Hartl, a déclaré depuis Genève que l'afflux de patients vers les nouveaux centres de traitement prouve que l'ampleur de l'épidémie dépasse ce que démontrent les statistiques officielles.

L'OMS a indiqué jeudi que le bilan officiel peut «sous-estimer grandement l'ampleur de l'épidémie».

M. Hartl a révélé qu'un centre de traitement de 80 lits qui a récemment ouvert ses portes dans la capitale du Libéria s'est immédiatement rempli. Des dizaines d'autres patients se sont présentés le lendemain. Les centres ouverts accueillent régulièrement deux ou trois fois plus de patients que ce pourquoi ils ont été conçus.

Un centre de traitement de 120 lits doit ouvrir samedi, à proximité de Monrovia, au Libéria.

«C'est absolument dangereux, a déclaré aux journalistes, à Genève, la présidente internationale de MSF, la docteure Joanne Liu, qui est récemment rentrée de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone. Avec l'afflux énorme de patients au cours des derniers jours, nous ne pouvons plus avoir de zones réservées aux patients. Tout le monde est mélangé.»

MSF disposera de 300 lits dans les trois pays d'ici la fin du week-end, et Mme Liu a prévenu que l'organisation est incapable d'en offrir davantage.

Des données publiées par vendredi l'OMS indiquent que l'épidémie qui a pris naissance en Guinée avant de se propager au Libéria, à la Sierra Leone et au Nigeria a fait 1145 morts et 2127 malades.

MSF a comparé la situation à celle d'une zone de guerre. «Nous courons derrière un train qui fonce vers l'avant, a déclaré la docteure Liu. Et il est litéralement plus rapide que ce que nous contribuons en termes de réponse.»

Le Comité international olympique a annoncé vendredi que les athlètes provenant des régions africaines touchées par l'Ebola ne pourront participer aux épreuves aquatiques et de combat des Jeux olympiques de la jeunesse qui débutent samedi en Chine. Cette décision ne toucherait toutefois qu'un grand total de trois athlètes.

Au Libéria, des dizaines de policiers ont encerclé vendredi les bureaux d'un quotidien critique du gouvernement et tenté d'arrêter son éditeur. Un porte-parole de la police a expliqué que les critiques de la publication risquent de «plonger le pays dans la confusion» au plus fort de la lutte contre l'Ebola.

Le quotidien National Chronicle de l'éditeur Philibert Brown accuse fréquemment le gouvernement de la présidente Ellen Sirleaf Johnson de corruption et a récemment réclamé sa démission. L'attitude du régime de Mme Johnson envers la liberté de presse fait l'objet de nombreuses critiques.

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