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Les antibiotiques pourraient mener à l'embonpoint

15/08/2014 11:05 EDT | Actualisé 15/10/2014 05:12 EDT

MONTRÉAL - Une exposition précoce aux antibiotiques pourrait augmenter le risque de souffrir d'embonpoint ou d'obésité plus tard, croient des chercheurs américains.

L'étude menée au Centre médical NYU Langdone démontre que les souris qui ont reçu de faibles doses de pénicilline pendant toute leur vie — à compter de la dernière semaine de gestation ou du début de l'allaitement — étaient plus susceptibles de souffrir d'obésité ou d'autres anomalies métaboliques que celles exposées aux antiobiotiques plus tard pendant leur vie.

De manière encore plus intriguante, les souris qui ont reçu de faibles doses de pénicilline uniquement à la fin de la gestation ont pris autant de poids que celles qui y ont été exposées pendant toute leur vie.

Les souris qui ont reçu des antibiotiques ou une alimentation riche en gras ont toutes engraissé. Mais celles qui ont reçu à la fois des antibiotiques et une alimentation riche en gras ont «beaucoup, beaucoup engraissé», a dit le docteur Martin Blaser.

Certaines de ces souris présentaient plus de trois fois plus de gras qu'une souris normale, au point où la graisse représentait le tiers de leur masse corporelle.

Les chercheurs expliquent que les antibiotiques semblent interférer avec la flore intestinale à un moment crucial du développement. Si la flore se normalise une fois les antibiotiques cessés, disent-ils, l'impact sur le métabolisme semble permanent, ce qui permet de croire que ces microbes ont un impact encore inconnu sur le développement.

Les chercheurs admettent d'emblée que leurs résultats ne sont pas nécessairement applicables aux humains, et qu'un lien entre les antibiotiques et l'obésité demeure encore hypothétique, mais ils croient que cette piste mériterait de faire l'objet de nouvelles études.

Les conclusions de cette étude sont publiées dans le journal scientifique Cell.

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