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Le Tribunal de la sécurité sociale est incapable de rattraper son retard

15/08/2014 03:24 EDT | Actualisé 15/10/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Alors que les Canadiens handicapés ou sans emploi font face à des délais de plus en plus longs pour que leurs appels concernant leurs prestations puissent être entendus, des postes n'ont toujours pas été comblés au Tribunal de la sécurité sociale, qui croule sous les dossiers en retard.

Des documents obtenus grâce à la Loi d'accès à l'information démontrent qu'il n'y aura pas de nouvelles embauches avant le mois de mars, malgré plusieurs milliers de cas en attente et les assurances du gouvernement conservateur, plus tôt cette année, que les postes vacants seront comblés rapidement.

Pour sa part, le gouvernement affirme que seuls deux postes sont toujours disponibles sur les 11 récemment offerts.

Le tribunal a été créé en 2013 dans le but d'offrir un processus d'appel plus efficace et plus rapide pour les décisions en matière d'assurance-emploi, de prestations de retraite et de sécurité de la vieillesse. L'organisme a remplacé un conseil formé de plus de 1000 arbitres à temps partiel qui entendait les appels. Selon le gouvernement, ce nouveau tribunal permettrait d'économiser 25 millions $ par année.

Le tribunal, qui compte moins de 70 membres à temps plein, a hérité de plus de 7000 cas de la part de l'ancien organisme, dont une majorité impliquant des Canadiens s'étant vu refuser des prestations de retraite pour personne handicapée.

Plus de 6500 de ces dossiers n'ont pas encore été entendus et 3000 appels supplémentaires s'ajoutent à chaque année. Parmi les documents reçus, on trouve une note du tribunal alertant le ministre de l'Emploi, Jason Kenney, des problèmes concernant la gestion du nombre élevé de dossiers.

Aux yeux de la porte-parole néo-démocrate en matière d'emploi, Jinny Sims, les conservateurs ont hérité d'un système nécessitant d'être amélioré et l'ont plutôt cassé. Elle estime que les plus vulnérables — les handicapés et les chômeurs — sont touchés par les délais d'attente. Mme Sims ne mâche d'ailleurs pas ses mots envers le ministre Kenney, disant qu'il néglige non seulement d'autoriser l'embauche d'employés à temps partiel pour s'attaquer aux retards, mais qu'il n'utilise pas non plus les postes à temps plein permis.

La députée affirme que le gouvernement est obsédé par l'économie de bouts de chandelles aux dépens des Canadiens dans le besoin.

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