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Irak: le Canada acheminera de l'équipement pour aider les Kurdes

15/08/2014 01:39 EDT | Actualisé 15/10/2014 05:12 EDT

OTTAWA - Deux avions-cargos militaires canadiens transporteront bientôt des armes destinées aux forces kurdes dans le nord de l'Irak, et le gouvernement Harper semble près à en faire encore plus pour contrer les «attaques barbares» des extrémistes islamistes.

Selon le premier ministre Stephen Harper, un Globemaster et un Hercules commenceront, au cours des prochains jours, à transporter des armes fournies par les alliés vers la ville irakienne d'Erbil.

Au moins un analyste en matière de défense croit que le Canada devrait s'apprêter à emboîter le pas à la Grande-Bretagne et à fournir des hélicoptères Chinook pour aider encore davantage les pays alliés à distribuer de l'aide ou à faciliter les évacuations humanitaires.

Ces vols, qui impliqueront une trentaine de membres des Forces canadiennes, se poursuivront aussi longtemps qu'il le faudra pour transporter de l'équipement et des fournitures.

M. Harper a convoqué une réunion du comité ministériel fédéral supervisant les questions de sécurité nationale, vendredi, et les ministres ont approuvé le plan, décrivant la marche des intégristes dans le nord de l'Irak comme «une menace sérieuse envers la stabilité de la région, ainsi qu'envers la sécurité internationale».

Les États-Unis et la France fournissent déjà des armes, tandis que la Grande-Bretagne a annoncé vouloir faire de même pour équiper les Kurdes qui combattent les militants de l'État islamique. Berlin jongle aussi à l'idée de se joindre au mouvement.

«Cet appui, qui sera offert en étroite collaboration avec nos alliés, permettra aux forces kurdes d'offrir une protection efficace aux Irakiens contre les attaques barbares de l'État islamique», a déclaré M. Harper par voie de communiqué.

Ce groupe d'extrémistes provenant d'Al-Qaïda s'est emparé de vastes pans du nord du territoire irakien, jetant 400 000 personnes sur les routes. Plusieurs d'entre elles sont des Yézidis, des chrétiens ou des membres d'autres minorités religieuses ou sociales.

Au dire du colonel à la retraite Geroge Petrolekas, il est plus que temps que le débat à propos des gestes à poser en Irak aille au-delà des vieux arguments concernant l'invasion américaine de 2003, que plusieurs considèrent comme la cause principale de la situation actuelle.

«Je n'accepte pas l'argument selon lequel ce n'est pas notre problème, affirme-t-il. Nous avons la responsabilité morale d'essayer» de corriger la situation.

Après avoir armé les forces kurdes, poursuit M. Petrolekas, l'Occident fera face à une importante crise humanitaire, et un affrontement — par combattants interposés — pour extirper l'État islamique (EI) d'Irak, et peut-être même de Syrie.

Envoyer des Chinooks à des fins d'évacuation ou pour des missions d'aide humanitaire semble être le bon choix à faire, dit-il.

Vendredi toujours, M. Harper a également fait allusion à la récente décision du premier ministre irakien Nouri al-Maliki de finalement quitter son poste et d'accepter la candidature de son rival Haider al-Abadi, nommé la semaine dernière par le président pour former un gouvernement.

«Nous demandons au leadership irakien de poser des gestes immédiats pour contrer l'EI et les terroristes liés au mouvement. Nous sommes prêts à appuyer un nouveau gouvernement irakien qui s'attaque aux problèmes de tous les Irakiens, sans égard aux origines ethniques ou aux croyances religieuses», a dit le premier ministre Harper.

Les avions militaires canadiens s'ajoutent à un engagement de 5 millions $ en aide humanitaire promis la fin de semaine dernière par le gouvernement conservateur.

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